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La Suisse adopte de nouvelles sanctions contre la junte militaire birmane

Des manifestants avec des pancartes à l'effigie de la cheffe du gouvernement déchue Aung San Suu Kyi, le 14 février 2021 à Rangoun en Birmanie. [Lynn Bo bo  - EPA/Keystone]
La Suisse adopte de nouvelles sanctions contre la junte militaire birmane / La Matinale / 1 min. / le 1 avril 2021
Après les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou encore l’Union européenne, la Suisse prononce à son tour de nouvelles sanctions contre la junte militaire birmane. Depuis 2018 et la crise des réfugiés Rohingyas, Berne n'avait plus modifié son régime de sanctions contre les militaires de ce pays.

Depuis plusieurs semaines, la Suisse a hésité de prendre de nouvelles sanctions contre la junte militaire birmane qui a renversé, il y a deux mois, le gouvernement en place. Cette prise de pouvoir est contestée dans la rue et réprimée dans le sang. Les morts de manifestants se comptent aujourd'hui par centaines (lire encadré).

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Après les déclarations musclées, le Conseil fédéral a décidé mercredi de sévir.

Militaires ciblés

Berne renforce son régime de sanctions en y ajoutant onze des plus hauts gradés de la junte: le commandant en chef de l'armée, son adjoint et neuf de leurs alliés dans l'organisation du putsch. Toutes ces personnes ne peuvent plus se rendre en Suisse, et leurs éventuels avoirs sont gelés.

Berne comme Bruxelles ne ciblent donc que des militaires, alors que Washington et Londres ont choisi d'aller plus loin en sanctionnant des entreprises en main de la junte.

Les Américains et les Britanniques espèrent ainsi tarir les principales sources de financement des militaires.

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"Un risque de guerre civile"

Il y a "un risque de guerre civile à un niveau sans précédent", a mis en garde Christine Schraner Burgener, émissaire de l'ONU pour la Birmanie lors d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Elle a exhorté le Conseil à "envisager tous les moyens à sa disposition pour (...) éviter une catastrophe multidimensionnelle au coeur de l'Asie", lors de cette rencontre en urgence demandée par le Royaume-Uni.

Mais les 15 membres sont restés divisés: Si Washington et Londres ont défendu la mise en place de sanctions par les Nations Unies, Pékin, allié traditionnel de l'armée birmane, a rejeté fermement cette idée, tout en appelant à "revenir à une transition démocratique".

Marc Menichini/vajo avec afp

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Aung San Suu Kyi devant la justice

L'ex-dirigeante doit comparaître ce jeudi en visioconférence devant un tribunal de Naypyidaw, la capitale administrative. Son équipe d'avocats a tenu mercredi une première réunion avec elle par vidéoconférence. "Elle paraît en bonne santé", malgré les deux mois passés en détention, selon eux.

L'audience de jeudi devrait être brève et ne traiter que des aspects administratifs de la procédure.

La lauréate du prix Nobel de la paix 1991 est poursuivie pour quatre chefs, dont "incitation aux troubles publics". Elle est aussi accusée d'avoir perçu plus d'un million de dollars et onze kilos d'or de pots-de-vin, mais n'a pas encore été inculpée pour "corruption".

Si elle est reconnue coupable des faits qui lui sont reprochés, elle pourrait être condamnée à de longues années de prison et se voir bannie de la vie politique.

Déjà plus de 530 morts

Plus de 530 personnes, dont de nombreux étudiants, des adolescents et des enfants, ont été tuées par les forces de sécurité depuis le coup d'Etat militaire du 1er février, selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP). Des centaines d'autres, détenues au secret, sont portées disparues.

Les violences contre les civils ont déclenché la colère parmi la vingtaine de factions ethniques rebelles que compte la Birmanie: certaines ont lancé des attaques contre la police et l'armée, cette dernière ripostant par des raids aériens.

La résistance contre le régime militaire se poursuit avec des dizaines de milliers de fonctionnaires et de salariés du privé toujours en grève.

Des veillées à la bougie et des prières silencieuses ont été organisées jeudi à la mémoire des "martyrs" morts ces deux derniers mois.