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L'armée a manqué de vigilance concernant la Patrouille des Glaciers

L'armée est aussi en position délicate dans le dossier de la Patrouille des Glaciers (ici, en 2012). [Maxime Schmid - Keystone]
La Patrouille des glaciers est empêtrée dans les problèmes. / La Matinale / 2 min. / le 25 mars 2021
Les nuages s'amoncellent au-dessus de la Patrouille des Glaciers. Touchée par une polémique autour des rémunérations versées par son association de soutien, l’organisation de la célèbre course est aujourd’hui menacée. De nouvelles informations obtenues par la RTS montrent que l’Armée suisse a préféré fermer les yeux pendant plusieurs années.

L’Armée suisse a manqué de vigilance face à son partenaire. Comme le révélait la RTS il y a un mois, des responsables militaires s’inquiétaient des risques de dérapages depuis 2017 au moins. A l’époque, un audit interne est cependant resté quasiment lettre morte. D’autres éléments s'ajoutent désormais à cette affaire, qui dérange à Berne presqu'autant qu'en Valais.

>> Lire: L’armée dans l’embarras face à la Patrouille des Glaciers

L'Association de soutien, de gestion et de promotion de la Patrouille des Glaciers (ASPdG) a vu ses recettes de sponsoring exploser ces dernières années. Son comité s’est dès lors versé des indemnités conséquentes, parfois rétroactives. Les rémunérations ont même atteint 500'000 francs en deux ans pour l'un de ses membres, qui cumulait les fonctions et les mandats. Il était pourtant employé par ailleurs comme dirigeant dans une grande entreprise internationale.

Absence de contrôle

Or l'armée n’a pas contrôlé ces rémunérations. Les conventions, les budgets partagés obtenus par la RTS n'encadrent pas ces indemnités. Pourtant, le Département fédéral de la défense (DDPS) partage avec cette association le bénéfice ou le déficit de chaque édition.

Lors des deux dernières Patrouilles des Glaciers, en 2016 et 2018, il s'agissait d'un bénéfice et la Confédération a pris sa part, à hauteur respectivement de 252'000 francs et 134'000 francs. Cela a permis de réduire le coût des hélicoptères et autres troupes engagées dans l’organisation de l’évènement. Mais aurait-on pu réduire davantage ces coûts? On ne peut que le supposer.

Pas de chiffres pour 2012 et 2014. Pour les éditions précédentes, c'est plus flou. Face aux questions de la RTS, le DDPS concède qu’il n’a ni documents ni informations pour les éditions 2012 et 2014. Il invoque les réformes de l’armée, des dossiers qui changent de main et des départs à la retraite.

A ce flou s’ajoute un autre problème potentiel: l'un des dirigeants de l'association est un militaire de carrière encore en fonction. Il avait annoncé son activité, mais l’armée n’exclut pas d’avoir mal vérifié les risques de conflit d'intérêts. Des clarifications sont en cours.

Le Contrôle fédéral des finances saisi

Le Contrôle fédéral des finances, qui va se pencher sur le dossier cette année comme l'a confirmé le Conseil fédéral, devra vérifier si ce manque de suivi constitue une défaillance de l'armée.

Une enquête de l'inspection valaisanne des finances est aussi en cours. Quant au DDPS, il a exigé des réformes de l'association et espère toujours mener à bien l'édition 2022 de la Patrouille des Glaciers.

Etienne Kocher/oang

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