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Un syndrome inflammatoire lié au Covid peut toucher les enfants

Certains enfants peuvent développer une forme sévère du Covid-19 appelée "syndrome inflammatoire multisystémique". [RTS]
Certains enfants peuvent développer une forme sévère du Covid-19 appelée "syndrome inflammatoire multisystémique". / 19h30 / 3 min. / le 23 mars 2021
Près de 70 cas de syndromes inflammatoires multisystémiques de l’enfant ont été répertoriés en Suisse depuis le début de la pandémie. La maladie survient plusieurs semaines après l'infection au Covid-19 et nécessite souvent une prise en charge des jeunes patients aux soins intensifs. Témoignages.

Si les enfants souffrent moins de formes sévères du Covid-19, une petite partie d'entre eux peuvent développer une maladie grave nommée syndrome inflammatoire multisystémique.

Dès le mois d’avril 2020, et alors que les enfants atteints d’une infection par le SARS-CoV-2 étaient décrits comme peu symptomatiques jusque-là, le National Health Service lançait un signal d’alerte en Angleterre en raison de nombreux cas d’enfants consultant pour une fièvre élevée, des signes digestifs et un tableau de dysfonction cardiaque.

Le syndrome survient quand les défenses immunitaires attaquent l'organisme de l'enfant, plusieurs semaines après une contamination par le Covid-19. Les spécialistes estiment que la maladie touche un peu moins d’un enfant sur mille après une infection au coronavirus. Près de 70 cas ont été répertoriés en Suisse depuis le début de la pandémie.

Les symptômes peuvent être variés: fièvre prolongée, plaques rouges sur la peau, conjonctivite. La maladie peut provoquer des douleurs abdominales, des troubles gastro-intestinaux et une inflammation cardiaque. Tous les organes peuvent être touchés et de nombreux spécialistes sont impliqués dans la prise en charge des jeunes patients.

>> Lire aussi : Les enfants bientôt testés au sein même de leur école?

Maladie mieux connue

Aksel a 10 ans. Il a été hospitalisé aux soins intensifs du CHUV pour un syndrome inflammatoire multisystémique au mois de mars. "Il a eu de la fièvre pendant plusieurs jours, des plaques rouges ont commencé à lui couvrir le corps et il a aussi eu des hallucinations à cause de la fièvre. C’est un garçon qui est normalement très actif et qui ne dort pas beaucoup. Avec la maladie il s’est retrouvé à dormir près de 20 heures par jour", témoigne Anne-Marie, sa maman.

Quand les premiers cas sont arrivés au CHUV en mai 2020, les médecins ne savaient rien de ce syndrome, qu'ils ont associé à la maladie de Kawasaki (maladie qui provoque l’inflammation de certains vaisseaux sanguins, associée à des éruptions cutanées et à de la fièvre). Aujourd'hui, la prise en charge est mieux documentée mais les spécialistes connaissent encore mal les éventuelles séquelles.

Je suis très fatigué, j’ai du mal à faire des efforts physiques, j’ai perdu ma concentration. C’est vraiment difficile de suivre les cours.

Emmanuel, 12 ans

"J'ai été assez étonnée de voir le nombre de jeunes adolescents de 10-12 ans qui n’avaient pas récupéré plusieurs mois après leur passage aux soins intensifs. Certains d’entre eux sont encore extrêmement fatigués, ne peuvent pas aller à l'école comme avant. Ça ressemble un peu au Covid long que l’on décrit chez l'adulte", explique Marie-Hélène Perez, médecin cheffe aux soins intensifs du CHUV.

C'est le cas d'Emmanuel, 12 ans. Il était hospitalisé à Sion avec une forte fièvre quand son état s'est brutalement dégradé, nécessitant un transfert par hélicoptère au CHUV. Aujourd’hui, le jeune garçon peine à récupérer. "Je suis très fatigué, j’ai du mal à faire des efforts physiques, j’ai perdu ma concentration. C’est vraiment difficile de suivre les cours".

La maladie reste rare et n’a pour l’instant provoqué aucun décès en Suisse. Les médecins surveillent attentivement l’évolution du syndrome avec la circulation des nouveaux variants du Covid-19. En cas de doute sur votre enfant, n’hésitez pas à consulter le site de la Société suisse de pédiatrie, qui a publié une marche à suivre concernant les recommandations pour le diagnostic et le traitement de la maladie.

Julie Conti/Saje

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