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Le corps des femmes encore très contrôlé dans le monde du travail

Le corps des femmes encore très contrôlé dans le monde du travail, notamment dans le secteur des services. [Pixabay - DR]
Le corps des femmes encore très contrôlé dans le monde du travail / La Matinale / 1 min. / le 8 mars 2021
Disposer librement de son corps est une des revendications féministes. Si le corps des femmes est parfois politique, comme on l’a encore vu avec l’initiative dite anti-burqa, il est aussi un enjeu dans le monde du travail.

Selon les sociologues, nos corps sont modelés dès l'enfance d'après des normes sociales. Notre façon de nous habiller, de nous comporter ou de bouger nous est ainsi dictée socialement depuis notre plus jeune âge. Le monde du travail n'échappe pas à ces impératifs, en particulier pour les femmes.

C'est ce que montre l'ouvrage "Le physique de l'emploi", publié dans la revue "Nouvelles questions féministes". L'ouvrage est codirigé par Nadia Lamamra, sociologue et professeure à l'Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle.

Être féminine mais pas trop

Pour la chercheuse, ces injonctions se retrouvent dans les secteurs où un nombre important de femmes travaillent, par exemple les métiers de service. Cela survient notamment lorsqu'il y a une relation directe avec la clientèle.

"Ce qui est attendu diffère de métier à métier: dans certains secteurs, les uniformes imposés sexualisent le corps des travailleuses, pendant que dans d'autres, on va plutôt chercher à gommer les traits d'une féminité 'trop marquée'."

Nadia Lamamra précise que les femmes actives dans des métiers majoritairement occupés par des hommes, aussi appelée "pionnières", sont loin d'être épargnées. "Elles doivent composer avec une double injonction: être féminines, puisqu'il n'est pas toléré qu'elles adoptent des tenues ou des attitudes qui seraient jugées masculines, mais pas trop, sinon on les accuse d'être provocantes ou provocatrices."

La résistance s'organise

Certaines travailleuses résistent à leur manière. Par exemple au Japon, des milliers de femmes se sont révoltées en 2019 contre l'obligation de porter des chaussures à talon dans les entreprises. Elles ont remis une pétition au ministre du Travail, qui leur a répondu que les talons sont "professionnellement nécessaires" pour les femmes.

Plus près de chez nous, on peut aussi rappeler la polémique autour du "t-shirt de la honte" à Genève puis dans d'autres écoles romandes.

>> Lire aussi : La polémique du "t-shirt de la honte" s'étend à plusieurs écoles romandes

Pauline Rappaz/asch

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