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André Duvillard: "L'enjeu? Eviter que les activistes du climat deviennent violents"

André Duvillard, délégué au Réseau national de sécurité de la Confédération, chargé du plan national d'action de lutte contre la radicalisation. [Peter Klaunzer - Keystone]
Mobilisations pour le climat : comment s’y préparer ? Interview d’André Duvillard / Forum / 5 min. / le 6 mars 2021
Alors que les activistes du climat s'apprêtent à mener une nouvelle journée de mobilisation le 21 mai prochain selon le Blick, André Duvillard, délégué au Réseau national de sécurité, était l'invité de Forum samedi. Il dit observer attentivement ces militants pour éviter toute action violente.

Des blocages de rue, des employés invités à faire grève, des occupations d'entreprises: réduite à une forme d'inactivité à cause de la pandémie, la jeunesse pour le climat ne veut pas en rester là.

Elle mènera une action de mobilisation le 21 mai prochain, une sorte de journée-test. Les activistes annoncent d'ores et déjà que l'occupation illégale de la Place fédérale à Berne - en septembre dernier - n'était qu'un avant-goût.

>> En lire plus: Une semaine d'actions pour le climat lancée sur la Place fédérale de Berne

"Il faut être attentif à ce genre de déclaration, parce qu'on voit quand même un soupçon de radicalisation du mouvement, ou au moins d'une frange de ce mouvement. Et c'est bien cela l'enjeu, parce qu'il ne serait évidemment pas souhaitable que ce mouvement bascule un moment donné dans la violence", explique dans Forum André Duvillard.

Aucun activiste du climat sous surveillance

L'ancien commandant de la police cantonale neuchâteloise précise toutefois qu'aucun des activistes du climat n'est sous surveillance. Selon la loi sur le renseignement, seuls les mouvements reconnus comme extrémistes violents par le Conseil fédéral peuvent être mis sous surveillance, ce que n'est pas le mouvement pour le climat.

"Aujourd'hui on peut dire qu'on a trois groupements qui sont reconnus comme extrémistes violents, ce sont les organisations d'extrême droite, d'extrême gauche, ainsi que l'extrémisme de défense des droits des animaux."

"Le passage à la violence est la ligne rouge"

André Duvillard précise toutefois que ce statut pourrait changer si certaines lignes rouges fixées par le cadre légal sont franchies. Celles-ci pourraient être "la commission d'actes violents, c'est-à-dire s'en prendre à l'atteinte à la vie ou à l'intégrité corporelle, s'en prendre à des autorités, à des fonctionnaires, à des bâtiments, mettre le feu à des véhicules. C'est vraiment ce passage à la violence, au sens strict, qui est la ligne rouge".

Propos recueillis par Esther Coquoz

Adaptation web: Antoine Schaub

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