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Adèle Thorens: "L'accord de libre-échange avec l'Indonésie n'est que de la poudre aux yeux"

L'invitée de La Matinale (vidéo) - Adèle Thorens, conseillère aux Etats verte vaudoise [RTS]
L'invitée de La Matinale (vidéo) - Adèle Thorens, conseillère aux Etats verte vaudoise / L'invité-e de La Matinale (en vidéo) / 10 min. / le 16 février 2021
Adèle Thorens est fermement opposées à l'accord de libre-échange avec l'Indonésie. Invitée de La Matinale, la conseillère aux Etats (Les Verts/VD) défend que cet accord n’a rien à voir avec le développement durable, insistant sur l'importance de miser sur un commerce plus local.

"On essaie de nous vendre cet accord comme étant un progrès pour le développement durable, mais c'est en fait un recul", insiste Adèle Thorens.

Au micro de La Matinale ce mardi, la conseillère aux Etats écologiste vaudoise opposée à l'accord de libre-échange sur lequel les Suisses seront amenés à voter le 7 mars clame que les critères de durabilité qui y figurent "ne sont que de la poudre aux yeux". "C'est ce qu'on appelle aujourd'hui du greenwashing", avance-t-elle.

Cet accord ne ferait que donner une image de responsabilité écologique trompeuse, selon elle. Dans les faits, "il encourage au contraire le transport de marchandises sur de très grandes distances, baisse les droits de douane et baisse aussi les protections environnementales et sociales dans les pays concernés", détaille-t-elle. Avant d'ajouter: "Certes, c'est une première de parler de critères de durabilité dans un accord de libre-échange, on aurait aimé pouvoir s'en réjouir, mais ça n'est pas du tout le cas."

>> Lire aussi l'interview de Simone de Montmollin, partisane de l'accord: Pour Simone de Montmollin, l'accord avec l'Indonésie promeut la durabilité

"Une durabilité sur le papier"

Si le syndicat paysan Uniterre et le Parti socialiste ont rejoint la lutte aux côtés des Verts, la Fédération romande des consommateurs appelle, quant à elle, à la liberté de vote, tout comme l'association Public Eye qui défend le développement durable. Quant au WWF, il soutient prudemment l'accord. Mais pour Adèle Thorens, ils sont dans le tort: "la durabilité que défend l'accord de libre-échange avec l'Indonésie n'est qu'une durabilité sur le papier."

"Je comprends d'une certaine manière le WWF qui s'est beaucoup engagé dans ce pays comme dans d'autres", explique-t-elle, notamment avec la certification RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil) qui atteste d'une production d'huile de palme durable, c'est-à-dire économiquement viable, écologiquement appropriée et socialement bénéfique. "Mais cette certification est un échec total. Elle n'a pas limité la déforestation ni la pollution", déplore-t-elle.

L'exemple de l'huile de palme

Connue pour concurrencer des produits locaux suisses, l'huile de palme permet d'ailleurs très bien, selon elle, d'illustrer la problématique de ce genre d'accords dont l'objectif n'est que de favoriser les échanges économiques, "au détriment de l'Accord de Paris sur le climat par exemple". "Il faut favoriser les échanges de proximité, d'autant que ces accords détruisent aussi l'agriculture familiale et paysanne sur place."

Pour Adèle Thorens, un tel accord n'aidera donc pas à réduire la consommation d'huile de palme qui, en plus de concurrencer le colza suisse, est considéré comme nocif pour la santé.

>> Lire aussi: Libre-échange avec l'Indonésie: tout savoir, ou presque, sur l'huile de palme

Propos recueillis par David Berger

Adaptation web par Fabien Grenon

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