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Jean-Luc Addor: "Montrer son visage, c'est une affaire de civilisation"

L'invité de La Matinale (vidéo) - Jean-Luc Addor, conseiller national UDC valaisan [RTS]
L'invité de La Matinale (vidéo) - Jean-Luc Addor, conseiller national UDC valaisan / La Matinale / 12 min. / le 4 février 2021
Pour le conseiller national Jean-Luc Addor (UDC/VS), invité dans La Matinale jeudi, "même s'il y a peu de femmes portant le voile intégral dans notre pays", il s'agit de quelque chose d'"inacceptable", qui est "plutôt en voie d'augmentation qu'en voie de régression".

"Montrer son visage, c'est une affaire de civilisation. Ce n'est pas seulement une question de sécurité, mais c'est une question de politesse, cela permet de voir les expressions du visage", explique Jean-Luc Addor, qui prône un oui le 7 mars à l'initiative pour l'interdiction de se dissimuler le visage.

Et le conseiller national valaisan de se dire "rassuré" que l'UDC ne soit "de loin pas seule sur ce sujet". "On voit qu'il y a un soutien de plus en plus large dans des milieux de gauche, dans des milieux féministes, un petit peu partout au sein de la population."

"Peu de situations de ce genre", mais "extrêmement choquantes"

Cette initiative contre la dissimulation du visage dit vouloir "stopper l'extrémisme" en utilisant l'image d'une femme en niqab. Mais y a-t-il véritablement un péril quand quelques dizaines de femmes portent le niqab dans l'ensemble du pays?

Relevant qu'"on a une grande chance dans ce pays (...), il y a peu de situations de ce genre", Jean-Luc Addor estime toutefois qu'il s'agit de quelque chose d'"extrêmement choquant", d'"inacceptable", qui est "plutôt en voie d'augmentation qu'en voie de régression".

Se défendant d'avoir "inventé ce problème", le conseiller national UDC explique que le propos de l'initiative est de "prévenir une expansion de ce phénomène". "La cible, ce n'est pas l'islam, ce ne sont pas les musulmans, c'est juste une forme extrême de l'islam, une manifestation extrême, ostentatoire dans l'espace public."

"Les femmes sont contraintes par une pression familiale"

"Contrairement à ce que dit Karin Keller-Sutter, les femmes sont souvent obligées, sous une contrainte sociale, familiale, de porter un vêtement qui est un symbole de soumission, d'oppression de la femme", souligne Jean-Luc Addor.

>> Lire aussi: Karin Keller-Sutter: "Les Suissesses ne vont pas commencer à porter en masse le voile intégral"

Le conseiller national ajoute: "Tous ceux qui connaissent un tant soit peu le fonctionnement de la communauté musulmane savent que ça commence, en tout cas pour les jeunes, pour les filles, par une pression familiale."

Et de poursuivre: "C'est une sorte de défi (...). Une petite poignée de musulmans extrémistes mettent le reste des musulmans et des musulmanes au défi d'être aussi vertueux qu'eux."

Propos recueillis par David Berger

Adaptation web: Eric Butticaz

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"Les données de l'identité électronique doivent rester chez nous"

Après avoir accepté l'identité électronique (e-ID) au Parlement, Jean-Luc Addor a choisi après réflexion de finalement s'opposer à cet objet, également soumis au vote le 7 mars prochain. "Je ne suis pas sûr, au moment où j'ai voté avec mon groupe (...), d'avoir mesuré tous les tenants et les aboutissants", admet-il.

"Oui, il faut régler la question de cette identité électronique", souligne Jean-Luc Addor. "Par contre, sur la loi qui nous est proposée le 7 mars prochain, je dis non, pour deux raisons. La première, et c'était le cas aussi pour le passeport biométrique, dans le passeport, il y a des données importantes liées à l'identité, et c'est une tâche régalienne de l'Etat qu'il ne peut pas déléguer à des privés."

Le conseiller national valaisan rappelle qu'au moment de la modernisation du système du passeport biométrique, il s'était engagé pour que cela soit fait par des entreprises suisses: "Il y a quelque chose qui doit rester chez nous, et pour l'identité électronique, c'est la même chose."

La deuxième chose qui pousse le Valaisan à refuser la loi, c'est  la question de la centralisation des données, qui n'est pas "conforme aux bonnes pratiques en matière de gestion des données et de respect de la sphère privée".