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Réactions contrastées aux nouvelles mesures anti-Covid du Conseil fédéral

Le grand débat - Les aides financières allouées par le Conseil fédéral sont-elles trop maigres? [RTS]
Le grand débat - Les aides financières allouées par le Conseil fédéral sont-elles trop maigres? / Forum (vidéo) / 16 min. / le 13 janvier 2021
Le prolongement des mesures de lutte contre le coronavirus est relativement bien accepté au vu de la gravité de la situation épidémiologique. Les milieux économiques sont cependant insatisfaits des nouvelles mesures.

PARTIS POLITIQUES - Favorables, sauf l'UDC

Tout ce qui n'est pas un renforcement des mesures serait de la négligence, a déclaré le porte-parole du PS Nicolas Haesler à l'agence de presse Keystone-ATS. "On aurait risqué de voir des milliers de personnes supplémentaires mourir et des centaines de milliers perdre leurs moyens de subsistance économiques". Le PS souligne qu'il est désormais impératif que les personnes économiquement touchées reçoivent une indemnisation appropriée.

Les Verts soutiennent le "changement de cap" du Conseil fédéral, a annoncé le chef du parti Balthasar Glättli, également conseiller national zurichois. Ce dernier estime que le Conseil fédéral a enfin reconnu la gravité de la situation. Selon le parti écologiste, le compromis suisse était dans une impasse, "comme le montrent les chiffres toujours élevés des infections, les nombreux décès et la menace d'explosion des contaminations dues aux variants du virus".

Le PDC soutient les durcissements annoncés, qui sont "malheureusement nécessaires". Le parti salue en particulier la simplification de la réglementation pour les cas de rigueur. Mais cela ne suffit pas: le PDC a exigé la semaine passée la réactivation du programme des crédits Covid-19. Il ne comprend pas pourquoi le Conseil fédéral se refuse à réintroduire immédiatement un instrument qui a fait ses preuves.

Le PLR salue la décision du Conseil fédéral d'aider les PME concernées rapidement. Ces montants doivent être mis immédiatement à la disposition des entreprises directement concernées. La situation dans plusieurs secteurs est désastreuse et sans soutien immédiat, beaucoup seront forcés de fermer ou de déposer leur bilan, soulignent les libéraux-radicaux tout en rappelant que la Suisse a les moyens de sauver son écosystème économique.

Enfin l'UDC fait bande à part. Le Conseil fédéral, surtout le ministre de la santé Alain Berset, semble avoir complètement perdu le contact avec la réalité, écrit le parti. Au lieu de protéger les groupes à risque - environ 6% de la population - pour lesquels le coronavirus représente un danger mortel, il harcèle la majorité de la population qui pourrait travailler et vivre avec des mesures de protection adaptées, poursuit la formation politique de droite.

DIRECTEURS DE LA SANTÉ - Mesures "compréhensibles"

Le durcissement des mesures annoncé par le Conseil fédéral est compréhensible au vu de la situation épidémiologique, estime la Conférence des directeurs cantonaux de la santé (CDS). Le nombre de cas stagne à un niveau trop élevé et les nouvelles variantes du virus plus contagieuses laissent craindre une nouvelle hausse des infections. Lors de la consultation, la majorité des cantons ont approuvé une prolongation des mesures, a annoncé la CDS.

DIRECTEURS DE L'ÉCONOMIE - Bonne solution pour les cas de rigueur

La Conférence des chefs des Départements cantonaux de l'économie publique (CDEP) se réjouit des adaptations du programme pour les cas de rigueur. La solution retenue est la plus optimale, a estimé Christoph Brutschin, le président de la CDEP et conseiller d'Etat de Bâle-Ville, devant la presse à Berne. La CDEP approuve le fait que les entreprises fermées durant plus de 40 jours sur décision des autorités soient considérées comme des cas de rigueur. Elle se réjouit aussi des moyens financiers supplémentaires.

>> Voir aussi le tour d'horizon des réactions des directeurs cantonaux de l'économie dans le 19h30:

Réactions critiques des politiques et du monde économique. [RTS]
Réactions critiques des politiques et du monde économique. / 19h30 / 1 min. / le 13 janvier 2021

UNION SYNDICALE SUISSE - Aider les personnes au chômage

L'Union syndicale suisse (USS) salue les assouplissements annoncés pour les cas de rigueur. Elle exige toutefois également de l'aide pour les personnes qui ont perdu leur emploi en raison de la pandémie. Afin d'éviter les fins de droits, il faut - comme lors de la première vague - prolonger la durée pendant laquelle les personnes concernées ont eu droit aux indemnités journalières et les délais-cadre. Les personnes qui ont perdu leur emploi auront désormais encore plus de mal à en trouver un nouveau. Cela vaut en particulier pour les chômeurs âgés, écrit l'USS.

ECONOMISUISSE - Critique de la fermeture des commerces

Economiesuisse soutient la prolongation des mesures de protection en vigueur. Au vu de la situation épidémiologique, le Conseil fédéral n'a pas le choix, estime l'organisation faîtière. Celle-ci remet en revanche en question le durcissement annoncé. La fermeture supplémentaire de nombreux commerces, malgré des concepts de protection qui fonctionnent, crée de gros problèmes. Le commerce de détail applique ces concepts avec rigueur depuis des mois. Aussi, Economiesuisse estime que la fermeture décidée par le Conseil fédéral est destinée à réduire le risque d'infections possibles dans l'espace public.

GASTROSUISSE - Position mitigée

Le Conseil fédéral a pris une décision importante pour le secteur de l'hôtellerie et de la restauration en assouplissant les conditions des cas de rigueur. Selon l'association professionnelle GastroSuisse, il faut désormais accélérer les versements. Jusqu'à présent, seulement 0,4 % des fonds approuvés ont été versés, a expliqué le président de GastroSuisse, Casimir Platzer, lors d'une conférence de presse. "Cela n'aide personne", a-t-il déclaré, ajoutant que les personnes et les entreprises seraient plus enclines à respecter les mesures si elles n'avaient pas à se battre pour leur survie.

>> Voir la réaction de GastroSuisse dans le 19h30:

Gastrosuisse salue l'extension du plan de soutien, mais sur le terrain les perspectives restent sombres. [RTS]
Gastrosuisse salue l'extension du plan de soutien, mais sur le terrain les perspectives restent sombres. / 19h30 / 1 min. / le 13 janvier 2021

COMMERCE DE DÉTAIL - Un "coup dur"

La fermeture des commerces vendant des biens non essentiels est un coup dur, estime la fédération des commerces de détail Swiss Retail. Cette mesure menace la survie de nombreux commerces, déplore l'organisation. Swiss Retail reconnaît que la situation épidémiologique est critique. En consultation, elle demandait de prolonger le "lockdown light" jusqu'au 28 février, au lieu de fermer tous les commerces non essentiels dès lundi prochain, au détriment du plus grand employeur de Suisse, avec ses 310'000 emplois.

>> Voir aussi la réaction de Cécile Hussain-Khan, présidente de la Fédération Vaudoise du Commerce de Détail, dans Forum:

Fermeture des commerces non essentiels: réaction de Cécile Hussain-Khan [RTS]
Fermeture des commerces non essentiels: réaction de Cécile Hussain-Khan / Forum (vidéo) / 4 min. / le 13 janvier 2021

CULTURE ET ÉVÉNEMENTS - Presque le scénario "le moins pire"

Le scénario clair d'une fermeture comme celui annoncé par le Conseil fédéral est presque le moins pire, même si cela reste très compliqué, a expliqué Anja Della Croce, la coordinatrice de Petzi, qui rassemble une quarantaine de salles de concerts et une soixantaine de festivals en Suisse romande. Les "stop and go" des derniers mois ont été très pénibles, a-t-elle poursuivi, demandant des qualités de contorsionnistes aux responsables de salle, qui ont dû faire et défaire un nombre incalculable de fois les programmations et les plans de protection.

CANTON DE GENÈVE - Le gouvernement en colère

Le Conseil d'Etat genevois a exprimé sa colère suite aux annonces du Conseil fédéral. Le canton demandait des aides fédérales supplémentaires pour compenser les fermetures des commerces, mais en l'état rien n'est prévu. "Cette nouvelle est catastrophique pour le canton", a indiqué devant la presse Nathalie Fontanet, cheffe du Département des finances qui se dit choquée et stupéfaite. L'enveloppe de 80 millions de francs prévue pour le canton n'a à ce jour pas bougé, relève-t-elle. Le canton se battra pour faire augmenter cette aide.

ats/jpr

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