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Les bibliothèques universitaires quittent le réseau RERO

Deux enfants se disputent un livre. [HayDmitriy - Depositphotos]
La famille des bibliothèques suisses divorce! / On en parle / 9 min. / le 12 janvier 2021
Le réseau des bibliothèques de Suisse occidentale a récemment été amputé de plus des deux tiers de ses membres, partis rejoindre le réseau Swisscovery. Résultat: des procédures de prêts compliquées et onéreuses pour les étudiants.

Début décembre 2020, 120 bibliothèques universitaires et scientifiques ont quitté le réseau des bibliothèques de Suisse occidentale (RERO) qui comptait alors 170 membres. Le directeur adjoint du réseau Nicolas Prongué explique que ce départ est dû à la création du réseau national Swisscovery destiné aux bibliothèques universitaires et des hautes écoles.

Il voit cette scission d'un bon oeil puisque de leur côté, les 50 bibliothèques encore membres devraient bientôt jouir de services spécifiquement adaptés à leur demande, comme la mise à disposition d'ebooks, la possibilité de rechercher des ouvrages aujourd'hui non répertoriés comme les bandes dessinées ou les cartes postales.

Un changement lourd de conséquences

En attendant ces changements, s'il n'est pas possible d'emprunter un ouvrage auprès d'une bibliothèque de Swisscovery, Nicolas Prongué conseille de s'adresser à une bibliothèque du réseau RERO afin que celle-ci fasse les démarches d'emprunt.

Les tarifs proposés par Swisscovery et ceux fixés par chaque bibliothèque RERO diffèrent d'une bibliothèque à l'autre. Quelle que soit la bibliothèque, une tendance se dessine: la hausse des prix. En Valais, un utilisateur déplore ainsi de devoir débourser 12 francs pour emprunter un ouvrage universitaire depuis la bibliothèque municipale d'un autre canton alors que ce coût était auparavant de 3 francs.

Une affaire politique

À Bulle, la responsable de la bibliothèque de la ville Lise Ruffieux montre du doigt le fossé creusé par ce système entre le sud et le nord de son canton. Les lecteurs du sud doivent ainsi payer plus cher afin d'emprunter un livre dans le nord du canton, où se trouve la bibliothèque universitaire.

En réponse à ces problématiques, le député Grégoire Kubski a adressé une question écrite au Conseil d'État fribourgeois qui dispose de trois mois pour lui répondre. Durant cette période, la ville de Bulle s'est engagée à payer le coût supplémentaire engendré par les emprunts entre bibliothèques.

Mais les conséquences de la scission s'étendent au-delà du canton de Fribourg, comme dans le Jura et en Valais, deux cantons qui n'ont pas d'universités. Ces inégalités sont particulièrement problématiques en ces temps de pandémie où les étudiants sont assignés à résidence.

Meili Gernet/xb/bvw

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