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Isabelle Chevalley critiquée pour ses liens avec un pays étranger

La conseillère nationale Isabelle Chevalley s'est exprimé dans Sport Première. [Gaetan Bally - Keystone]
Le média Heidi.news met en cause la conseillère nationale Isabelle Chevalley pour ses activités au Burkina Faso / Forum / 3 min. / le 16 novembre 2020
La campagne sur l'initiative pour "des entreprises responsables" est toujours très tendue. Dernier exemple en date, les critiques envers la Vert'libérale Isabelle Chevalley qui s'oppose à ce texte. Il est notamment question des relations étroites de la conseillère nationale avec le parti au pouvoir au Burkina Faso.

Les critiques, principalement en provenance du Parti socialiste, pleuvent sur Isabelle Chevalley. Au coeur du problème, la publication d'un article sur Heidi.news où la parlementaire confirme être la conseillère officielle du président du Parlement burkinabé, membre du parti au pouvoir, et détenir un passeport diplomatique du Burkina Faso. Un pays qui serait directement impacté par l'initiative sur les entreprises responsables, dont le vote a lieu à la fin du mois de novembre.

Selon plusieurs sources en effet, des enfants travaillent notamment dans des champs de coton. Pour les socialistes, il y a donc conflit d'intérêt. Comment peut on être membre du Parlement d'un pays et conseiller d'un dirigeant? Le potentiel d'influence étrangère est bien présent à leurs yeux et l'ancien président du PS Christian Levrat demande des explications à Isabelle Chevalley.

Isabelle Chevalley réfléchit à une plainte pénale

Lundi, la conseillère nationale a publié un communiqué où elle estime que le journaliste de Heidi.news cherche uniquement à lui nuire et à la décrédibiliser, elle et son engagement dans cette campagne. Elle souhaite saisir le Conseil de la presse et dit réfléchir à déposer une plainte pénale.

Sur le fond, Isabelle Chevalley explique à la RTS que son travail de conseillère est bénévole. A ses yeux, il n'y a donc rien de problématique ni rien qui puisse influencer son travail d'élue. Elle précise n'avoir aucun mandat et ajoute que "des conseillers dans ce genre", les présidents africains "en ont au moins 20 chacun".

Questionnée pour connaître la nature de ce travail, l'élue vaudoise répond: "Quand il vient en Suisse, je le prends dans ma voiture et nous allons voir des fermes". Une sorte de guide touristique personnelle, en somme.

Quid de la loi?

Au niveau juridique, il existe un ou deux articles de la loi sur l'Assemblée fédérale qui pourrait intéresser Isabelle Chevalley. L'article 12 explique qu'il est interdit aux membres des conseils d'exercer une fonction officielle pour un Etat étranger et d'accepter des titres et décorations octroyés par des autorités étrangères. Une interdiction qui a pour but d'éviter que les députés soient susceptibles d'être influencés.

Et puis, il y a aussi l'obligation de dévoiler ses liens d'intérêts. Lorsqu'ils entrent en fonction et au début de chaque année, les députés sont tenus de le faire. Ces informations sont publiques et sur le registre concernant Isabelle Chevallay, il n'existe aucune mention du Burkina Faso ni d'un passeport diplomatique.

Des services du Parlement encore prudents

Contactés, les services du Parlement se veulent prudents pour l'instant car pour l'heure, tout n'est pas encore très clair dans cette histoire.

Selon ses déclarations personnelles, ont écrit les services de Parlement à la RTS, Isabelle Chevalley est "consultante" de profession. Elle n'a pas à divulguer tous les mandats de son activité professionnelle.

Quant au passeport diplomatique, on ne sait pas dans quelles circonstances il a été remis à la politicienne vaudoise. Néanmoins, les services du Parlement précisent qu'une distinction accordée par une autorité étrangère serait illégale.

Muriel Ballaman/ther

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