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Accord-cadre: "Il faut saisir la fenêtre d'opportunité que nous avons"

Petros Mavromichalis : "Les négociations avec la Suisse, pour nous, sont terminées. Maintenant, il s'agit d'aller de l'avant." [RTS]
Petros Mavromichalis : "Les négociations avec la Suisse, pour nous, sont terminées. Maintenant, il s'agit d'aller de l'avant." / 19h30 / 3 min. / le 25 octobre 2020
Le tout nouvel ambassadeur de l'UE à Berne Petros Mavromichalis était l'invité dimanche soir du 19h30 de la RTS. Le diplomate encourage la Suisse à "saisir la fenêtre d'opportunité" actuelle pour signer l'accord-cadre avec Bruxelles.

Petros Mavromichalis est arrivé à Berne il y a six semaines. De nationalités grecque et belge, ce diplomate de 56 ans parle sept langues.

Et sa mission principale est de convaincre la Suisse de signer au plus vite l’accord-cadre avec l'Union européenne. "Les choses avancent lentement", dit-il diplomatiquement alors que les relations entre Berne et Bruxelles sont dans l’impasse depuis bientôt deux ans.

>> Le portrait de Petros Mavromichalis par Rouven Gueissaz:

Petros Mavromichalis : "Les négociations avec la Suisse, pour nous, sont terminées. Maintenant, il s'agit d'aller de l'avant." [RTS]
Petros Mavromichalis : "Les négociations avec la Suisse, pour nous, sont terminées. Maintenant, il s'agit d'aller de l'avant." / 19h30 / 3 min. / le 25 octobre 2020

De fait, les choses n'avancent pas côté suisse, si ce n'est la récente nomination d'une nouvelle négociatrice, Livia Leu.

>> Lire: Livia Leu remplace Roberto Balzaretti pour reprendre le dossier européen

Mais pour Petros Mavromichalis, cela ne change pas grand-chose du point de vue européen. "Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une question de personnes puisque les négociations, pour nous, sont terminées depuis novembre 2018", affirme-t-il dimanche sur le plateau du 19h30. "Maintenant, il s'agit d'aller de l'avant."

Le Conseil fédéral, lui, demande des clarifications à Bruxelles sur certains points de l'accord. "Nous sommes bien entendu disposés à [les] fournir", relève le diplomate. "Cela veut dire que s'il y a des points ambigus, nous allons faire en sorte qu'ils ne le soient pas."

Renégociation explicitement exclue par l'UE

En Suisse, le document est critiqué tant par les syndicats que par le patronat. Il n'est pourtant pas question, aux yeux de l'Union européenne, de le renégocier. "Cette renégociation, nous l'avons exclue explicitement", souligne l'ambassadeur. "Nous avons négocié pendant de longues années, nous sommes arrivés à un compromis qui nous semble être un excellent compromis pour la Suisse, qui a obtenu la plupart de ses objectifs dans le cadre de cet accord."

Petros Mavromichalis relève cependant qu'il y a beaucoup de compréhension côté européen pour la Suisse, "dans la mesure où c'est un pays à 26 cantons, quatre langues, et qui fonctionne au consensus. Donc chacun doit pouvoir y trouver son compte, il y a une compréhension de ce point de vue-là". C'est pour cela que l'UE a laissé le temps au Conseil fédéral pour prendre les décisions.

Pas possible de revenir sur ce qui a été tranché

"Par contre, relève le représentant des 27 à Berne, "là où il n'y a pas tellement de compréhension, c'est qu'on ne peut pas, quand on a négocié pendant des années, vouloir rouvrir des points qui ont été tranchés d'une façon ou d'une autre, et sur lesquels nous pensions qu'il y avait un accord entre nous".

Sans se prononcer sur la manière dont doit se comporter le Conseil fédéral, Petros Mavromichalis souligne que le moment est propice désormais. "Il faut saisir cette fenêtre d'opportunité que nous avons maintenant. Les votations sont derrière nous, il n'y a pas d'élections importantes en Europe non plus. En politique, il faut savoir saisir le moment et l'opportunité pour avancer car cet accord est une condition pour débloquer nos relations et les consolider."

Bruxelles ne fixe pas de délai particulier, mais "le plus tôt sera le mieux", ajoute encore l'ambassadeur. "Lorsque le Conseil fédéral sera prêt. Nous attendons. La balle est clairement dans le camp du Conseil fédéral et de la Suisse."

oang

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