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"La politique ne commence et ne s'arrête pas au Palais fédéral"

L'invitée de La Matinale - Mattea Meyer, la nouvelle coprésidente du Parti socialiste (vidéo) [RTS]
L'invitée de La Matinale - Mattea Meyer, la nouvelle coprésidente du Parti socialiste (vidéo) / La Matinale / 10 min. / le 16 octobre 2020
Mattea Meyer devrait accéder samedi au poste de coprésidente du Parti socialiste suisse en duo avec Cédric Wermuth. Invitée de La Matinale, vendredi, elle défend sa vision de la politique qui ne doit pas se borner uniquement au Palais fédéral, mais doit aussi parfois passer par la rue.

Sauf surprise de dernière minute, Mattea Meyer, 32 ans, sera nommée, ce samedi, coprésidente du Parti socialiste suisse avec Cédric Wermuth. La Zurichoise deviendra ainsi la troisième femme à occuper cette fonction après Ursula Koch (1997-2000) et Christiane Brunner (2000-2004). Le duo remplacera Christian Levrat à la tête du deuxième parti de Suisse.

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Un véritable défi pour la jeune femme qui n'avait que 20 ans lorsque le Fribourgeois a été nommé président du PS en 2008. "Pendant 12 ans, Christian Levrat a réussi à renforcer le parti et a fait beaucoup de travail au Palais fédéral". Pour elle, maintenant, il faut regarder vers l'avenir. "On a des défis énormes qui nous attendent avec le coronavirus, la crise climatique, la crise migratoire et les inégalités qui augmentent".

Congrès digital

Face au duo, il y a un autre candidat, Martin Schwab, 26 ans, de Nidau. Covid oblige, c'est au cours d'une assemblée digitale que devra avoir lieu la nomination du ou des nouveaux présidents du Parti socialiste suisse. Une situation "regrettable" que Mattea Meyer salue tout de même. "On ne pouvait pas garantir que tous les membres du PS pourraient participer à ce congrès en live, parce que beaucoup sont en quarantaine et d'autres ont peur de s'infecter ou d'infecter les autres".

Si la nomination des deux Alémaniques semble jouée d'avance, la future potentielle coprésidente assure qu'il y a eu de nombreux débats au sein du parti. "Avec Cédric, nous nous sommes présentés il y a maintenant dix mois face à d'autres candidats comme Mathias Reynard et Priska Seilar Graf. On a beaucoup discuté et débattu au sein du parti. Même si, au final, ils ont décidé de retirer leur candidature".

Pour Mattea Meyer, en ces temps de crise sanitaire, le Parti socialiste a un véritable rôle à jouer. Et la prolongation des allocations pertes de gains liées au Covid au-delà du mois de septembre en est la preuve. "C'est un combat que nous avons gagné", se félicite-t-elle.

Descendre dans la rue

Il n'empêche que le Parti socialiste, depuis quelque temps, est en perte de vitesse, face notamment à la montée en puissance des partis écologistes. "Les Verts sont parfois des concurrents, mais ils peuvent aussi être des alliés", assure-t-elle.

Quoi qu'il en soit, la socialiste zurichoise y voit de nouvelles opportunités pour son parti. "Si on connecte nos luttes qui sont faites parfois dans la rue - tout comme les mouvements pour la cause féministe ou encore ceux de Black Lives Matter -, on peut être plus forts au Palais fédéral et montrer que ce ne sont pas les riches, les lobbies ou les multinationales qui décident."

Descendre dans la rue, ce n'est d'ailleurs pas une chose qui effraie la future coprésidente du PS. "La politique ne commence et ne s'arrête pas au Palais fédéral", relève-t-elle. "Regardez l'histoire. C'est en descendant dans les rues que les femmes ont par exemple obtenu le droit de vote".

Bien qu'Alémaniques tous les deux - Zurichoise pour l'une, Argovien pour l'autre -, Mattea Meyer et Cédric Wermuth l'assurent: ils veulent renforcer l'intégration de la Suisse romande et du Tessin au sein du parti, par une collaboration encore plus étroite avec les présidents des sections cantonales.

Propos recueillis par David Berger

Adaptation web: Fabien Grenon

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