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Face au Covid, les hôpitaux romands coordonnent leurs soins intensifs

La coordination des soins intensifs en Suisse romande s'opère depuis le CHUV (photo). [Laurent Gillieron - Keystone]
Une cellule de coordination des hôpitaux romands a été mise en place. / La Matinale / 1 min. / le 15 octobre 2020
Alors que les hospitalisations dues au coronavirus ne cessent d'augmenter, les hôpitaux craignent une surcharge de patients. Une cellule a été mise en place en Suisse romande pour mieux répartir les malades en soins intensifs, a appris la RTS jeudi.

Après le branle-bas de combat du printemps, les hôpitaux ont tiré les leçons de la première vague du coronavirus. La difficulté pour ces établissements est de maintenir les opérations non urgentes, tout en traitant, en parallèle, les personnes atteintes du Covid-19.

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Une cellule romande de coordination pour les soins a donc été mise sur pied, à la demande des cantons. "Lorsque tous les hôpitaux seront saturés, ce sera un réel défi. Les ministres romands ont donc voulu permettre aux patients qui ont besoin de soins intensifs de pouvoir être hospitalisés dans une région qui parle le français", indique Stéphanie Monod, directrice générale de la santé du canton de Vaud.

Concrètement, celle-ci se compose d'un outil informatique réunissant les données des différents établissements. Elle se base sur un système qui existe déjà au niveau national pour la répartition des patients lors de grands accidents de la route par exemple. "On n'a pas créé de supra-structure. Elle s'inscrit dans les cellules de crise du CHUV et n'a pas nécessité d'investissement financier particulier", explique Stéphanie Monod.

Monitoring en temps réel

Un patient pourra donc par exemple être transféré de l'HFR de Fribourg aux HUG de Genève: "Ce sont les services des soins intensifs ou des urgences qui nous diront s'ils ont un patient qu'ils n'arrivent pas à prendre en charge et qu'il faut replacer", précise la responsable.

Il s'agit également pour les cantons romands d'avoir une vision globale de la situation, en temps réel. "Si un hôpital est saturé, la cellule permet de voir quel serait le transfert le plus raisonnable. Si c'est un patient qui a besoin de soins très spécialisés, il sera plutôt orienté vers un dispositif universitaire. Alors que si c'est un cas moins lourd, il pourra être transféré vers un hôpital régional."

Elle va probablement être activée officiellement sous peu vu l’augmentation progressive des hospitalisations qu'on observe en Romandie

Stéphanie Monod, directrice générale de la santé du canton de Vaud

Pour l’heure, la cellule est en veille. Mais avec la hausse constante des cas de coronavirus, les autorités s’attendent à une activation prochaine. "Elle va probablement être activée officiellement sous peu vu l’augmentation progressive des hospitalisations qu'on observe en Romandie", estime Stéphanie Monod.

Cette cellule devrait être pérennisée, précisent les autorités. Il en va de la santé des patients, mais également de celle des hôpitaux: pour rappel, l’arrêt des opérations non urgentes pour traiter les cas de Covid-19 ce printemps avait provoqué des pertes de quelque deux milliards de francs aux établissements médicaux.

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Mathieu Henderson

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