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Le peuple tranchera sur un montant de 6 milliards pour les avions de combat

L'achat de nouveaux avions de combat doit notamment remplacer les F/A-18 vieillissants. [Valentin Flauraud - KEYSTONE]
L'achat de nouveaux avions de combat doit notamment remplacer les F/A-18 vieillissants. [Valentin Flauraud - KEYSTONE]
Le 27 septembre, le peuple suisse tranchera sur une enveloppe de 6 milliards de francs pour acheter de nouveaux avions de combat. Le Conseil fédéral et le Parlement veulent remplacer la flotte actuelle d'avions F/A-18 et Tiger.

Les citoyens ne se prononceront pas sur le type d'avion, ni sur le nombre de jets - entre 36 et 40 - qui seront achetés d'ici à 2025, mais uniquement sur le crédit. Quatre modèles sont dans la course: le Rafale français (Dassault), l'Eurofighter allemand (Airbus), et côté américain, le successeur du F/A-18, le Super Hornet de Boeing, et le F-35A de Lockheed-Martin.

Le référendum lancé contre cette acquisition est porté par le PS, les Verts et le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA). Ils sont opposés à des avions jugés "luxueux". Durant l'ensemble de leur durée de vie, ces avions coûteraient jusqu'à 24 milliards de francs aux contribuables, selon l'estimation des référendaires; 18 milliards, d'après le Département fédéral de la défense.

Les référendaires parlent d'un gaspillage d'argent "inutile et inacceptable", six ans après le "non" aux Gripen et particulièrement maintenant, "durant l'une des plus grandes crises économiques de l'histoire moderne de la Suisse". Pour le comité "Non aux milliards pour des avions de combat", il en résultera des coupes dans l'éducation et la sécurité sociale. De plus, les véritables menaces sont la crise climatique, les cyberrisques ou les dangers tels que les pandémies. Les avions n'aident pas à faire face à ces dangers.

"Indispensables", pour Viola Amherd

Pour la ministre de la défense Viola Amherd, au contraire, la Suisse a besoin de nouveaux avions de combat pour protéger sa population des menaces provenant de l'espace aérien. La menace évolue constamment et "mon devoir est de protéger la population contre ces attaques imprévisibles", a-t-elle lancé durant sa campagne.

Elle est soutenue par un large comité, placé sous la houlette de l'Association pour une Suisse sûre, qui rassemble des représentants du PLR, de l'UDC, du PDC, du PBD, des Vert'libéraux, du PEV et de nombreuses organisations. Selon ce comité "Oui à la sécurité aérienne", les avions de l'armée suisse sont trop vieux. Ils doivent être remplacés, sans quoi l'espace aérien suisse sera sans protection dès 2030.

Bien qu'il n'y ait pas de conflit armé en Suisse, la sécurité est trompeuse: les conditions stables peuvent rapidement changer. L'émergence de nouvelles formes de guerre ne remplace pas les anciennes menaces, argumentent les partisans. Ils rappellent aussi que le financement se fait par le budget ordinaire de l'armée. Contrairement à ce que prétendent les opposants, même si l'achat est refusé par le peuple, cela ne libérera donc pas l'enveloppe pour d'autres domaines comme la santé ou le social.

Premier sondage favorable

Dans le premier sondage mandaté par la SSR, publié le 20 août, les nouveaux avions de combat recueillent 58% d'avis positifs contre 39% d'avis négatifs.

Les partisans des partis bourgeois sont largement favorables à cette nouvelle acquisition, alors que moins d'un tiers des sympathisants de gauche la soutiennent. Ceux des Verts'libéraux sont partagés, avec 47% de pour et 47% de contre.

ats/jpr

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