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La loi sur la chasse pose la question de la cohabitation humains-animaux

La cohabitation avec les grands prédateurs, comme le loup, est au coeur de la loi sur la chasse. [Marco Schmidt - KEYSTONE]
La loi sur la chasse pose la question de la cohabitation homme-animaux / La Matinale / 12 min. / le 11 août 2020
La cohabitation entre animaux sauvages et êtres humains est au coeur de la révision de la loi sur la chasse, en votation le 27 septembre. C'est presque une question philosophique à laquelle les citoyens doivent répondre.

Cette question s'illustre particulièrement avec les grands prédateurs, comme le loup. Alors comment vivre aux côtés de la faune? Chaque camp défend sa vision. Cohabiter, cela signifie avant tout anticiper les conflits de voisinage. C'est en tout cas ce que pensent les défenseurs de cette nouvelle loi.

>> Lire aussi notre grand format: Faut-il protéger les grands prédateurs ou s'en méfier? La question divise en Suisse.

La conseillère nationale Simone de Montmollin (PLR/GE) en fait partie. Pour elle, il faut se partager le territoire, mais en contrôlant l'évolution des espèces: "La réussite de la réintroduction d'une espèce, c'est qu'elle se développe et qu'elle progresse. Jusqu'à un moment où cette progression, parfois, crée des difficultés, soit pour les populations paysannes, notamment dans les régions de montagne, mais aussi pour la biodiversité et d'autres espèces".

Réguler les populations

Aux yeux de Simone de Montmollin, dans un territoire aussi restreint que la Suisse, il est nécessaire de pouvoir réguler les populations, dans l'intérêt de la faune, des humains, des utilisateurs du territoire, en particulier les agricultrices et les agriculteurs.

Cette idée d'anticiper les conflits avant même qu'ils aient lieu en tirant sur les bêtes est critiquée par les opposants à la loi. Prévention et meilleure sensibilisation: voilà leurs solutions pour réapprendre la cohabitation.

Recréer le lien avec ces animaux

Le lynx et le loup avaient complètement disparu, souligne Sarah Pearson, la secrétaire romande de Pro Natura. Il faut aujourd'hui recréer du lien avec ces animaux: "L'admiration qui est liée à ces espèces-là, on l'a perdue. On a gardé, je crois, la composante 'peur', parce que c'est celle aussi qui reste dans les contes. Les gens ne se rendent pas compte qu'au fond, ces espèces-là, c'est plutôt un enrichissement pour notre pays qu'un appauvrissement. C'est une richesse de les avoir, et cela fait partie d'un écosystème. Il ne faut pas oublier qu'elles ont une fonction".

Cet enjeu de la cohabitation dépasse aussi le cadre purement fédéral. Et si la révision passe, il appartiendra aux cantons d'appliquer les nouvelles règles.

Sujet radio: Camille Degott

Adaptation web: Jean-Philippe Rutz

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