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Pékin répond aux critiques d’Ignazio Cassis sur les droits de l'homme

Ignazio Cassis salué par son homologue chinois Wang Yi à Pékin, 03.04.2018. [Andy Wong - AP/Keystone]
Pékin réagit aux critiques d'Ignazio Cassis à l'encontre de la Chine / La Matinale / 1 min. / le 4 août 2020
Interrogé suite aux propos d’Ignazio Cassis dans la dernière édition du SonntagsBlick sur les droits de l'homme, le ministère chinois des affaires étrangères dénonce des remarques "peu constructives et infondées".

Lors d’une interview publiée dimanche dernier, le conseiller fédéral a critiqué la dégradation de la situation des droits de l’homme en Chine et la reprise en main de Hong Kong par Pékin. Le ministre a également regretté le ralentissement des réformes économiques déplorant le fait que "la Chine s’éloigne de la voie de l’ouverture". "L’Occident répondra de manière plus décisive si la Chine poursuit sur ce chemin […] et la Suisse devra défendre ses intérêts et ses valeurs de manière plus robuste", a déclaré le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Une affaire domestique

Pékin a contré cette intervention lundi: "Comme nous l’avons réitéré à maintes reprises, la question hongkongaise est une affaire domestique. Aucun pays ne peut s’immiscer dans notre politique interne". Et de souligner les bénéfices mutuels de 70 ans de relations bilatérales entre Berne et Pékin: "Nous espérons que la Suisse veillera soigneusement à préserver l’état de ces relations […]."

Par la voix de son porte-parole, Pékin a en outre tenu à affirmer la poursuite des réformes de son système, rappelant au passage les privilèges de certains instituts financiers helvétiques comme Credit Suisse. Une pique en référence au statut avantageux dont bénéficient certaines banques depuis 2018.

Banques suisses actionnaires majoritaires

Les entreprises étrangères présentes en Chine ont en effet l’obligation de s’allier avec des sociétés locales en formant des "joint-ventures". Pékin autorise cependant désormais certains instituts financiers étrangers à devenir actionnaire majoritaire de ces partenariats forcés. UBS a été la première à bénéficier de la mesure, élargissant ainsi sa marge de manœuvre. Credit Suisse a suivi dans la foulée.

Si cette piqûre de rappel n’est pas formulée comme une menace directe, ce rappel à l’ordre est caractéristique du rapport de force qu’entretient Pékin avec nombre de ses partenaires. La Chine ne se prive jamais de le rappeler: en termes économiques, c’est elle qui tient le couteau par le manche. Un message qui transparaît en filigrane de cette réaction.

Michael Peuker/jpr

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