Modifié le 24 juillet 2017 à 16:25

Le Rhino évacué après 19 ans d'occupation

La célèbre corne rouge du Rhino agite les journaux lémaniques
Les résidents présents ont été interpellés par la police [ - ]
L'emblématique squat Rhino à Genève est tombé lundi après 19 ans d'occupation. Les squatters ont été évacués sur ordre du procureur général Daniel Zappelli et du conseiller d'Etat Mark Muller.

La corne rouge du Rhino est tombée à 21h45. Le symbole de
l'emblématique squat genevois a été la première cible des ouvriers
appelés sur place par le propriétaire après la fin de
l'évacuation.

Sympathisants sur place

A 22h00, toujours sous la pluie, quelque 200 manifestants
faisaient encore face à un cordon de police empêchant l'accès au
squat. D'après un correspondant de l'ATS sur place, une
interpellation musclée a eu lieu aux alentours de 21h00.



Une fois la nouvelle de l'évacuation connue, les sympathisants
s'étaient en effet rapidement massés devant les immeubles à la
célèbre corne rouge pour atteindre environ 500 personnes. La police
présente en nombre a d'abord évacué les squatters au compte-goutte
sous les huées hostiles des sympathisants.

Gaz lacrymogènes

Alors que la tension montait, les forces de l'ordre ont fait
usage de canons à eau pour tenter de disperser la foule.
L'évacuation des 22 squatters présents dans les trois immeubles
s'est achevée achevée à 18h30.



L'ensemble de l'opération s'est déroulée plutôt calmement au vu de
l'hostilité de la foule. Les policiers ont toutefois dû déloger
manu militari un petit groupe qui bloquait un panier à salade. En
début de soirée, la situation était calme, mais le face à face se
poursuivait dans la soirée. Les forces de l'ordre ne déplorent
aucun blessé.

Affaires déménagées

Les camions de déménagement et les ouvriers sont arrivés sur
place peu après l'évacuation des occupants du squat. Ils devaient
pénétrer dans les immeubles pour emmener les affaires des
occupants.



Cette évacuation n'est pas une surprise après celle du 10 juillet
du squat voisin de la Tour. Le collectif Rhino avait averti la
presse qu'une opération était imminente.

Pagani et Salerno sur place

Plusieurs élus de la Ville de Genève, dont les conseillers
administratifs Sandrine Salerno (PS) et Rémy Pagani (A gauche
toute), étaient venus dans l'après-midi, avant les heurts, se
rendre compte sur place de la situation.



«La méthode utilisée ne nous paraît pas adaptée à la situation
genevoise. Il y a une semaine, le Conseil administratif a envoyé
une lettre au Conseil d'Etat à ce propos. Nous n'avons toujours pas
eu de réponse», a déclaré Rémy Pagani.

Zappelli avec Muller et Moutinot

Les autorités cantonales s'y sont mises à trois pour défendre
l'évacuation du squat Rhino à Genève. «Il y a un moment où l'ordre
doit être rétabli», a déclaré le procureur général Daniel Zappelli
devant la presse, entouré des conseillers d'Etat Mark Muller et
Laurent Moutinot.



Laurent Moutinot, responsable du département des institutions, a
tout de suite mis les points sur les «i» en parlant de «l'ex-squat
Rhino». Le conseiller d'Etat socialiste, qui intervient pour la
première fois depuis le début de la crise des squats, a justifié
l'évacuation par deux décisions, l'une pénale et l'autre
administrative (lire ci-contre).

Réactions contrastées

La Chambre genevoise immobilière (CGI) et le parti libéral se
sont réjouis lundi de l'évacuation du squat Rhino à Genève. Le
Parti socialiste, solidaritéS, le parti du travail et les
communistes se sont quant à eux déclarés «scandalisés».



ats/hof

Publié le 23 juillet 2007 à 22:20 - Modifié le 24 juillet 2017 à 16:25

Politique tolérante à travers la Suisse

Si des squatters sont présents dans toutes les grandes villes suisses, ce problème est géré différemment selon les municipalités. La majorité d'entre elles possèdent une politique tolérante.

Ainsi, Lausanne préfère appliquer une politique de tolérance, a indiqué à l'ATS Anne Plessz, porte-parole de la police cantonale vaudoise. Même si la municipalité ne dénombre que deux squats, dont un dans un bâtiment appartenant à la ville, elle a nommé il y a quelques années un agent de la police cantonale afin d'entrer en discussion avec les squatters.

A Zurich, les squatters sont aussi assez bien tolérés. En effet, les propriétaires doivent remplir des conditions strictes pour pouvoir demander une évacuation des intrus. Actuellement, onze squats sont dénombrés par les autorités, selon le porte-parole de la police municipale zurichoise.

Berne ne dénombre que peu de squats. «Actuellement, nous n'en avons recensé qu'un. Nous connaissons l'existence d'un deuxième, mais dans ce cas précis, un contrat a été signé entre les squatters et le propriétaire», selon la police municipale bernoise. Berne a une politique d'évacuation allant dans le même sens que Zurich.

Décision pénale et administrative

La décision pénale a été prise par le procureur général. «Le ministère public a donné l'ordre d'évacuer les occupants illicites sur la base d'une plainte pour violation de domicile déposée par le propriétaire».

La décision administrative relève du libéral Mark Muller en tant que chef du département des constructions. Le magistrat a ordonné au propriétaire de rénover ses immeubles à cause de problèmes de «salubrité, sécurité et habitabilité».

Mark Muller a donc saisi la police pour faire appliquer cette décision administrative. Les autorités ont souligné la coïncidence de ces deux décisions qui ont mené à l'évacuation de Rhino lundi après-midi.