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"On ne peut pas obliger un employé qui est parti en vacances à rentrer"

Quid des pays qui arrivent sur la liste des pays à risque en cours de vacances? Interview de Marco Taddei [RTS]
Quid des pays qui arrivent sur la liste des pays à risque en cours de vacances? Interview de Marco Taddei / Forum (vidéo) / 4 min. / le 30 juillet 2020
Avec l'instauration d'une quarantaine pour les voyageurs revenant de pays à risque, de nombreuses questions se posent pour les employés. Que se passe-t-il si une région se retrouve subitement dans la liste de l'OFSP? L'Union patronale suisse (UPS) appelle au dialogue.

Qui va payer le travailleur pendant les dix jours de quarantaine au retour d'un pays qui n'était pas dans la liste de l'OFSP (voir encadré) avant le départ? Les avis divergent. Selon l'UPS, l'employeur n'est pas obligé de verser le salaire, même si le travailleur n'est pas fautif.

"Ce n'est pas la responsabilité de l'employé, mais pas celle de l'employeur non plus. Nous considérons que l'employeur n'a pas à verser de salaire, mais qu'il peut le faire de manière volontaire. Il y a quand même une marge de manoeuvre possible qui doit être discutée entre employeur et employé dans les entreprises", explique Marco Taddei, responsable romand de l'UPS, dans l'émission Forum.

"Bon sens"

Au sein des employeurs, tous n'ont pas la même interprétation. La chambre du commerce neuchâteloise estime par exemple qu'il faut payer les salaires, plutôt que de s'embarquer dans des batailles juridiques.

"Cela confirme une situation qui est un peu inédite et incertaine. Il y a beaucoup d'interprétations. La preuve, cette chambre ne pense pas comme nous. Il faut faire appel au bon sens, aux vertus helvétiques qui sont celles du pragmatisme. C'est au sein de l'entreprise qu'il faut trouver un dialogue. Il faut qu'il y ait une clarification, une communication, de manière à trouver à l'amiable une solution qui satisfasse les deux parties", indique Marco Taddei.

Au cas par cas

L'employeur ne doit-il pas, tout de même, faire preuve de compréhension? "La liste des pays à risque a été étendue. On sait qu'elle est susceptible d'être étoffée davantage. Des pays autour de nous, notamment l'Espagne, sont fortement susceptibles de figurer sur cette liste prochainement. Il serait judicieux qu'avant le départ en vacances, le salarié et l'employeur se mettent autour d'une table et regardent dans le détail quelles pourraient être les conséquences d'une telle situation", préconise Marco Taddei.

Une autre question qui se pose est la durée du voyage. Par exemple, que doit faire un employé sensé rester en Bosnie encore trois semaines au moment où ce pays est mis dans la liste de l'OFSP?

"C'est toujours au cas par cas. On ne peut pas obliger quelqu'un qui est parti en vacances à rentrer. Avec les moyens qu'on a aujourd'hui, l'employeur peut prendre contact et trouver des solutions. Si au retour l'employé doit rester en quarantaine, il y a d'autres solutions, par exemple le télétravail. Le champ est ouvert", conclut Marco Taddei.

Propos recueillis par Tania Sazpinar/gma

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42 pays à risque

Comme annoncé, la Suisse a allongé le 23 juillet la liste des pays considérés comme à risque du point de vue des infections au coronavirus. La quarantaine est désormais obligatoire au retour de 42 pays.

La Bosnie, le Monténégro et le Mexique ont notamment été ajoutés sur la liste, disponible sur le site de l'Office fédéral de la santé publique.

La quarantaine au retour en Suisse de certains pays avec un risque d'infection élevé est obligatoire depuis début juillet. Les personnes concernées doivent s'annoncer dans les deux jours aux autorités cantonales. Celles-ci vérifient le bon respect de la quarantaine au moyen de contrôles sporadiques.