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L’OFSP prévoit une nouvelle stratégie pour vendre l’application SwissCovid

L'application de traçage SwissCovid fait plus que jamais débat. [Jean-Christophe Bott - Keystone]
Référendum contre SwissCovid, l'OFSP contre-attaque / La Matinale / 1 min. / le 21 juillet 2020
Les opposants à SwissCovid lancent leur campagne pour faire aboutir leur référendum contre cette application qui risquerait selon eux d'entraîner des dérives. Mais l'Office fédéral de la santé publique prévoit lancer une nouvelle offensive de communication, a appris la RTS.

Quelque 1,9 million de personnes ont déjà téléchargé l'application SwissCovid, selon le dernier pointage effectué jeudi dernier. C'est l'application pour smartphones la plus téléchargée de ces trois dernières semaines, selon l'Office fédéral de la santé publique.

Pourtant, seule la moitié des personnes qui l'ont téléchargée l'ont activée durant le week-end dernier. Et 34'000 personnes l'ont carrément supprimée.

Invitée de La Matinale, la bioéthicienne Samia Hurst estime que ce "désamour" pour l'application n'est pas justifié: "L'application Swisscovid a beaucoup plus d'utilité que de risque. La commission nationale d'éthique s'était penchée sur la question il y a déjà quelques mois pour conclure, après examen approfondi, qu'aucun principe éthique fondamental ne s'opposait au déploiement de cette application. C'est une application extrêmement sécurisée, encore plus lorsqu'on la compare à d'autres applications que nous avons sur nos téléphones portables."

Une application "ennuyeuse"

Pour expliquer ces difficultés, la bioéthicienne juge qu'il est peut-être difficile pour les usagers de voir de manière directe l'utilité de cette application: "C'est une application extrêmement ennuyeuse quand on la télécharge, ce que j'ai fait très tôt. Parce qu'en fait, il ne se passe rien. Et tant mieux car cela veut dire qu'on a pas été en contact avec une personne qui s'est déclarée malade mais finalement, ça empêche les gens de savoir à quoi elle sert."

Et d'ajouter: "Il y a par contre une méfiance qui est compréhensible, lorsqu'on ne sait pas ce qu'il va se passer. Si je ne sais pas si en allant en quarantaine, je vais pouvoir garder mon emploi et continuer d'avoir un revenu suffisant pour faire vivre ma famille, et bien on peut imaginer qu'on préfère ne pas savoir si on a été en contact avec quelqu'un de contaminé. Or les protections sur ce plan-là sont largement en place et c'est sans doute cette information qu'il manque."

>> Réécouter l'interview complète de Samia Hurst dans La Matinale:

L'application SwissCovid finira-t-elle par s'imposer? Interview de Samia Hurst (vidéo) [RTS]
L'application SwissCovid finira-t-elle par s'imposer? Interview de Samia Hurst (vidéo) / La Matinale / 5 min. / le 21 juillet 2020

Challenge sur les réseaux sociaux

De son côté,  l'OFSP se dit toujours officiellement satisfaite des scores qu'elle obtient avec l'application. Il prévoit malgré tout d'intensifier sa communication auprès d'autres groupes cibles que les consommateurs des médias traditionnels. Il prévoit ainsi de lancer un nouveau challenge sur les réseaux sociaux, dans le même esprit que celui du conseiller fédéral en charge de la Santé Alain Berset.

Au tout début du semi-confinement en mars, le Fribourgeois avait lancé via Instagram un challenge pour lutter contre le coronavirus. Il avait lancé à trois personnalités le défi de raconter ce qu'elles faisaient pour bloquer les contaminations. Roger Federer, l'ex-Miss Suisse Christa Rigozzi et le rappeur Stress avaient répondu, en interpellant à leur tour trois autres personnalités, et ainsi de suite…

Redorer le blason de l'application

Interpeller des influenceurs sur les réseaux sociaux: c'est donc le pari de l'OFSP pour tenter de mettre un vernis sur cette application au lancement pour le moins compliqué.

L'enjeu est aussi de contrer indirectement les référendaires, qui ont jusqu'au 8 octobre pour réunir 50'000 signatures.

>> Lire: Les Suisses pourraient être appelés à voter sur l'application SwissCovid

>> Ecouter aussi l'interview de Suzanne Suggs, professeure de marketing social à l'Université de la Suisse italienne:

Suzanne Suggs. [Univwersité de la Suisse italienne]Univwersité de la Suisse italienne
SwissCovid peine à convaincre: interview de Suzanne Suggs / La Matinale / 53 sec. / le 21 juillet 2020

Muriel Ballaman/oang

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