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Christian Dandrès: "Il y a une situation de précarité très forte en Suisse"

L'invité de La Matinale (vidéo) - Christian Dandrès, conseiller national (PS-GE) [RTS]
L'invité de La Matinale (vidéo) - Christian Dandrès, conseiller national (PS/GE) / L'invité-e de La Matinale / 9 min. / le 9 juillet 2020
Elu en octobre dernier à Berne, le conseiller national Christian Dandrès (PS/GE) s'inquiète de la pauvreté d'une partie de la population, d'autant plus en période de crise sanitaire et économique. "J'ai l'impression que ça sort des radars du Parlement fédéral", déclare-t-il dans La Matinale.

"Il y a une situation de précarité très forte en Suisse", assure le socialiste. Celui-ci rappelle notamment les images impressionnantes de personnes faisant la queue à Genève pour recevoir de la nourriture en période de coronavirus.

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"Je travaille à l'Asloca et je vois dans le cadre des permanences juridiques dans quelle situation se trouve une partie importante de la population. On touche à des éléments essentiels comme la capacité à pouvoir faire l'intégralité des repas dans la journée pour des familles, mais aussi la possibilité de payer son loyer", regrette Christian Dandrès.

"Réponses insuffisantes"

Au sein d'un Parlement renouvelé, plus jeune, plus féminin et plus à gauche, l'élu genevois estime toutefois que ses collègues n'en font pas encore assez, notamment sur la question de la précarité.

"Il y a 10% de personnes pauvres en Suisse et plus de 300'000 travailleurs précaires. Je crois que les réponses qui sont apportées aujourd'hui sont largement insuffisantes par rapport à ces situations très difficiles", lance Christian Dandrès.

Défense des locataires

Plus largement, l'ancien député du Grand Conseil est d'avis que "l'Assemblée fédérale ne peut pas rester totalement étrangère lorsqu'on voit des mobilisations aussi fortes autour du climat, des femmes, de la question du racisme". Selon lui, "on est encore assez loin de ce qu'il faudrait pour répondre aux besoins de la population".

A Berne, Christian Dandrès, spécialiste de la défense des locataires, a notamment été marqué par les problématiques de logement et d'accueil extrafamilial. "On a vu des lignes très dures, assez réactionnaires, avec le risque qu'un travail de plusieurs décennies soit remis en cause, avec plus suffisamment de moyens pour maintenir des places de crèche. Ce jeu politique et ces positionnements assez patriarcaux peuvent avoir des conséquences directes sur une bonne partie de la population", assure-t-il.

Propos recueillis par Valérie Hauert

Adaptation web: Guillaume Martinez

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