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Assemblée virtuelle pour la "der" de Christian Levrat à la tête du PS

Le PS a tenu sa première assemblée virtuelle. Il revendique sa fibre sociale. [RTS]
Le PS a tenu sa première assemblée virtuelle. Il revendique sa fibre sociale. / 19h30 / 1 min. / le 27 juin 2020
Christian Levrat a ouvert sa dernière assemblée des délégués samedi comme président du Parti socialiste suisse. Les délégués du PS tiennent leur première assemblée numérique en direct sur Youtube en votant via un outil en ligne plutôt qu'en levant leur carte de vote.

"Si l’on m’avait dit, il y a tout juste six mois, que ma dernière assemblée des délégués comme président se tiendrait par voie électronique, je ne l’aurais évidemment pas cru", a dit Christian Levrat samedi devant les délégués en ligne. L’élection de la succession du Fribourgeois, président du parti depuis 2008, se fera lors du prochain congrès du PS, les 17 et 18 octobre prochain.

"Il était important de tenir cette assemblée, même de façon numérique, a-t-il dit. Les droits démocratiques doivent continuer à être exercés."

Interrogé dans Forum, Christian Levrat s'est dit fier que son parti, et les partis en général, ait pu trouver un moyen de maintenir leur démocratie interne, pour que les décisions politiques puissent être prises. Mais il a confié que ce discours à distance était difficile pour apprécier l'ambiance de l'assemblée.

>> L'interview de Christian Levrat dans Forum:

Le président du PS Christian Levrat, photographié ici le 26 mars 2020 à Berne. [Anthony Anex - Keystone]Anthony Anex - Keystone
Christian Levrat remet la présidence du Parti socialiste: son interview / Forum / 2 min. / le 27 juin 2020

"Merci"

Durant son intervention devant les déléguées, Christian Levrat en a profité pour remercier le Conseil fédéral, qui "a fait un job exceptionnel. En particulier nos deux conseillers fédéraux, Simonetta Sommaruga et Alain Berset, qui ont littéralement crevé l’écran durant les mois écoulés."

Au début de la pandémie, la Suisse était dans une situation délicate, entre l’Italie du Nord, l’Alsace et Ischgl, en Autriche, trois des principaux foyers infectieux en Europe. "Aujourd’hui, notre pays est félicité pour sa gestion de l’épidémie."

Le conseiller aux Etats a aussi remercié toutes les conseillères et conseillers d’État aux quatre coins du pays. "Dans la lutte contre le coronavirus, les cantons ont parfois eu de la peine à se coordonner, mais ils ont joué un rôle décisif sur le terrain", a-t-il relevé.

Le président du PS a encore salué les femmes, "qui ont littéralement porté notre société à bout de bras pendant la pandémie". "Il ne suffit pas de les applaudir depuis nos balcons. Les salaires de ces branches essentiellement féminines doivent enfin être revalorisés; c’est notre travail, dans les cantons, dans les communes, au niveau fédéral, en collaboration avec les syndicats.", a-t-il exorté.

>> Les précisions de Pierre Nebel dans le 12h45:

Assemblées des délégués PS et PLR en visioconférence. Le vote se fait à distance. Les précisions de Pierre Nebel. [RTS]
Assemblées des délégués PS et PLR en visioconférence. Le vote se fait à distance. Les précisions de Pierre Nebel. / 12h45 / 2 min. / le 27 juin 2020

Mesures pour surmonter la crise du Covid-19

Christian Levrat a ensuite lancé les travaux des délégués, qui ont adopté plusieurs résolutions, notamment pour sortir de la crise dans la solidarité. Ils ont en revanche refusé celle de la Jeunesse socialiste visant à garantir l'emploi.

Le PS exige des mesures concrètes pour surmonter la crise du coronavirus dans un esprit de solidarité, a souligné la vice-présidente du PS Tamara Funiciello. Dans ce contexte, la santé mentale et physique de la population doit toujours être une priorité. Son objectif est de sauver des vies, de protéger des emplois.

Le parti préconise par exemple que les rentes soient maintenues et que les salaires continuent d’être versés. Toute personne gagnant moins que le salaire médian (6500 francs, montant brut à raison d’un taux d’activité de 100 %) ne devrait pas, en cas de chômage partiel, recevoir 80 % de son salaire, mais 100 % de celui-ci. Lorsque le chômage partiel n’est pas possible, c’est l’allocation pour perte de gain (APG) qui doit être versée.

Eviter la discrimination des 60+

La deuxième résolution, aussi largement adoptée, vise elle à soutenir et à éviter toute discrimination à l'égard des plus de 60 ans comme cela a pu être le cas pendant la pandémie. Marianne de Mestral, coprésidente du PS60+, a relevé combien le droit à l'autodétermination des plus de 60 ans a pu être amputé pendant le semi-confinement.

Les groupes à risque doivent rapidement être décrits en des termes conformes à l’état le plus récent des connaissances. L’âge n’est à cet égard qu’un seul des facteurs de risque. "Il est inacceptable qu’un groupe important de la société se voie refuser le droit à l’autodétermination au seul motif de l’âge", souligne le PS.

Enfin, les délégués du PS ont en revanche refusé "de justesse" celle de la Jeunesse socialiste visant à garantir l'emploi. Ce projet visait à assurer à chacun un emploi dans le secteur public à un salaire minimum, a expliqué Ronja Jansen, présidente de la Juso.

ats/kkub

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Pour un oui et quatre non en septembre

Le PS a défini ses mots d'ordre pour les votations fédérales du 27 septembre, prônant un oui et quatre non dans les urnes.

Les délégués ont dit non à l'initiative "pour une immigration modérée (initiative de limitation). L’UDC veut, avec cette initiative, s’attaquer à la libre circulation des personnes et, en particulier, torpiller les mesures d’accompagnement ainsi que la protection des salaires, a rappelé le comité directeur du PS.

A ses yeux, si la libre circulation des personnes devait prendre fin, les mesures d’accompagnement cesseraient automatiquement de s’appliquer. Cela n’entraînerait cependant pas une réduction de la migration de la main-d’oeuvre, mais la baisse des salaires en Suisse et un affaiblissement des droits des travailleurs.

Les délégués rejettent aussi l'acquisition de nouveaux avions de combats pour un montant de 6 milliards de francs. Ils estiment que leur acquisition est insoutenable en raison des conséquences financières de la crise du coronavirus.

Un congé paternité de deux semaines, aussi minime soit-il, reste un pas dans la bonne direction pour instaurer à terme un congé parental et atteindre ainsi une société plus égalitaire, estiment les délégués du PS. Les Suisses vont se prononcer sur le référendum lancé par un comité de droite porté par l'UDC contre un contre-projet indirect à l’initiative populaire "pour un congé de paternité raisonnable", qui a été retirée.

Les délégués rejettent le "cadeau fiscal pour les familles aisées", qu'implique la déduction fiscale des frais de garde des enfants par des tiers, via une modification de la loi fédérale sur l’impôt fédéral direct. A ses yeux, 44% des familles ne paient pas d’impôt fédéral direct et ne peuvent donc pas bénéficier de cette déduction. Plus de 70 % de la bonification de 370 millions de francs irait à environ 215'000 ménages ayant un revenu imposable supérieur à 100'000 francs.

La révision de la loi sur la chasse, adoptée par les Chambres fédérales, va bien au-delà de l’objectif initial, qui consistait à traiter la question des loups de manière pragmatique, estime le PS. Au lieu d’une régulation douce des effectifs, la révision conduit, dans le cas du loup, à des tirs à titre préventif. Les délégués recommandent de voter non.

Simonetta Sommaruga et Alain Berset s'expriment

Les deux conseillers fédéraux socialistes se sont aussi exprimés. La présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga a salué l'engagement des femmes et des hommes, en première ligne pendant la pandémie.

"Mes remerciements vont donc à tous ceux qui ont fait avancer la Suisse en ces temps difficiles. Infirmières, vendeurs, formateurs, employés de la poste ou garderie. Ils travaillent tous beaucoup mais gagnent peu. C'est pourquoi nous les défendons, pour de meilleures conditions de travail et des salaires équitables", a déclaré la Bernoise par écran interposé.

Pour elle, tout ne doit pas continuer comme avant. Pendant la crise, certains voulaient stopper complètement l'économie, combinée à des couvre-feux et des assignations à résidence. D'autres voulaient simplement ne rien faire et laisser la population à elle-même, a-t-elle rappelé. Aucune de ces options n'était possible à ses yeux.

Alain Berset est lui venu présenter des initiatives qui visent à soutenir la classe moyenne. "L’heure est venue de montrer plus de solidarité avec les femmes qui travaillent à temps partiel, qui peinent à joindre les deux bouts et qui, en plus assurent l’essentiel des tâches domestiques. Malgré leur énorme engagement, ces femmes risquent de basculer dans la pauvreté à la retraite, à cause de rentes trop faibles", a déclaré le ministre de l'Intérieur.

Pour cette raison, le Conseil fédéral a décidé d’introduire une nouvelle assurance sociale pour les chômeurs en fin de droit de plus de 60 ans, a-t-il rappelé. Celles et ceux qui ont travaillé toute leur vie doivent pouvoir arriver à la retraite dans la dignité.

Alain Berset a encore mis en avant deux autres réformes. Celle de l’assurance invalidité a également été acceptée la semaine dernière par le Parlement. Il a aussi tenu à évoquer le congé paternité, soumis en votation populaire le 27 septembre: "c’est un pas important vers une société plus équilibrée. Il contribue à une meilleure répartition du travail entre les femmes et les hommes, au travail comme à la maison."