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Les jeunes Suisses dans la moyenne pour la consommation d'alcool

En matière de consommation d'alcool, les adolescents suisses sont dans la moyenne européenne. [Joerg Sarbach - AP Photo]
En matière de consommation d'alcool, les adolescents suisses sont dans la moyenne européenne. / Le Journal horaire / 32 sec. / le 19 mai 2020
Une étude internationale montre qu'en matière de consommation de tabac et d'alcool, les jeunes de 15 ans en Suisse se situent au milieu de classement. Ils figurent par contre dans le haut du panier pour le cannabis illégal.

L'Etude internationale Health Behaviour in School-aged Children (HBSC), réalisée sous l'égide de l'Organisation mondiale de la santé (OMS-Europe), permet de se faire une idée de nombreux aspects du quotidien des élèves de 11 à 15 ans dans 45 pays et régions, essentiellement en Europe.

La dernière en date, publiée mardi, porte sur 2017/18. Elle s'est penchée sur les comportements de santé et les comportements à risque, l'environnement social et le bien-être, a indiqué mardi Addiction Suisse.

L'alcool en tête des substances

Sur le plan international, l'alcool est la substance psychoactive la plus consommée chez les jeunes. En Suisse, 13% des garçons et 8% des filles de 15 ans déclarent avoir été vraiment ivres au moins une fois au cours du mois précédant l'enquête. Les chiffres sont très semblables en France, mais plus élevés en Italie, voire nettement plus élevés en Autriche et en Allemagne.

Dans notre pays, 16% des garçons et 14% des filles de 15 ans indiquent avoir fumé au moins une fois des cigarettes traditionnelles au cours du dernier mois. Les pourcentages sont pratiquement identiques en Allemagne, alors que l'Autriche, la France et, surtout, l'Italie affichent des taux plus élevés.

Haut du classement pour le cannabis

La situation n'est pas réjouissante en ce qui concerne la consommation de cannabis illégal, pour laquelle on a un tableau très semblable à celui des enquêtes précédentes, note Addiction Suisse.

Vingt-sept pourcents des garçons et 16% des filles de 15 ans en Suisse ont déjà fumé cette substance, selon l'étude. Cela place le pays au quatrième rang sur un total de 43, derrière la Bulgarie, l'Italie et le Canada.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette position, selon Marina Delgrande Jordan, responsable de la réalisation de l'étude HBSC en Suisse, auprès d'Addiction Suisse: "On peut imaginer des facteurs structurels en lien avec l'accessibilité des produits ou le pouvoir d'achat des jeunes", indique-t-elle au micro de la RTS.

Elle relève deux autres explications: "Il y a peut-être des différences de perception de la population, selon les pays, par rapport au (cannabis). Il est aussi possible que les jeunes ont des perceptions différentes quant à la dangerosité du produit. Mais cela reste une hypothèse, car nous n'avons pas vraiment de données là-dessus."

Par ailleurs, une comparaison à travers le temps met en évidence un recul marqué de la consommation d'alcool et de cigarettes traditionnelles en Suisse entre 2010 et 2014; cette tendance ne s'est toutefois pas poursuivie en 2018. Pour le cannabis, les taux stagnent également.

ats/jpr

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Les jeunes se sentent bien

Dans le cadre de cette étude, les élèves suisses ont indiqué que leur satisfaction face à l'existence était "plutôt élevée" ou "élevée" (garçons: 89%; filles: 79%); ils jugeaient leur santé bonne ou excellente (garçons: 88%; filles: 81%). Une minorité se sent assez stressée, voire très stressée par le travail scolaire (garçons: 26%; filles: 33%).

En ce qui concerne la perception du poids corporel, 25% des garçons de 15 ans se trouvent "un peu ou beaucoup trop gros". Une part équivalente s'estime "un peu ou beaucoup trop maigre"; chez les filles du même âge, les pourcentages s'établissent à respectivement 45% et 11%.

Une grande partie des élèves de 15 ans indiquent qu'ils se sentent fortement soutenus par leur famille (garçons: 76%; filles: 71%). Pour ce qui est du soutien apporté par les amis, ils estiment qu'il est élevé (garçons: 69%; filles: 79%). Enfin, en Suisse, une minorité d'élèves de 15 ans indique avoir déjà eu des rapports sexuels (garçons: 20%; filles: 10%).

Soutien familial

Si, de manière générale, le soutien familial est jugé bon en comparaison internationale, d'autres indicateurs pourraient être améliorés, par exemple le fait de pouvoir parler "facilement ou très facilement" avec son père ou sa mère.

Si on se penche sur les pays voisins, l'Autriche obtient de meilleurs résultats dans ce domaine, alors que la France, l'Italie et l'Allemagne affichent des valeurs comparables à celles de la Suisse ou moins bonnes, conclut Addiction Suisse, qui a mené cette étude pour la neuvième fois en Suisse.