Modifié le 15 mai 2020 à 11:28

"Les visiteurs ont bien apprivoisé les nouveaux comportements au musée"

Marc-Antoine Kaeser, archéologue et directeur du Laténium (vidéo)
Marc-Antoine Kaeser, archéologue et directeur du Laténium (vidéo) L'invité-e de La Matinale / 10 min. / le 15 mai 2020
Le Laténium d'Hauterive (NE) a rouvert ses portes mardi avec une nouvelle exposition, après plusieurs semaines de fermeture forcée. Son directeur, Marc-Antoine Kaeser, indique que le musée archéologique a dû bousculer ses habitudes pour accueillir les visiteurs.

"C'était un parcours d'obstacles. Nous avons revu plusieurs fois notre planification. Sur le moment, c'était un peu un choc d'apprendre que nous pouvions rouvrir déjà mardi et pas le 8 juin", explique Marc-Antoine Kaeser, directeur du Laténium, dans La Matinale vendredi.

L'incontournable musée neuchâtelois propose une toute nouvelle exposition temporaire, consacrée aux arts celtiques. "Il n'y a pas eu de vernissage, ni de visite guidée, en raison du coronavirus. C'est quelque chose d'un peu étrange. Ces rituels nous manquent. On se rend compte à quel point c'est utile, ça permet de marquer le coup. Ce sont des rites de passage, mais il faut les réinventer", livre l'archéologue.

Mesures sanitaires

La réouverture du Laténium, rendue possible par les assouplissements de la Confédération, s'accompagne forcément de mesures sanitaires. Une attention toute particulière sera portée à la distanciation physique.

"Nous avons rodé tout ça et ça fonctionne bien. Les visiteurs ont bien apprivoisé ces nouveaux comportements au musée. Dans l'exposition permanente, nous avons bloqué tout ce que les gens peuvent manipuler. Tous les dispositifs interactifs sont désactivés", relève Marc-Antoine Kaeser.

"L'humanité s'est toujours serré les coudes"

Pour l'archéologue et historien, cette période est difficile à vivre. "L'humanité a toujours été amenée à se serrer les coudes, se rassembler, pratiquer des rituels. Aujourd'hui, grâce aux enseignements de la science médicale, nous sommes contraints de faire exactement l'inverse", souligne le spécialiste des civilisations passées.

"Nous avons vécu un événement extrêmement puissant, qui montre la fragilité de notre société, mais aussi notre fragilité à nous. Nous avions perdu contact avec ça, on pensait qu'on se mettrait à l'abri avec toute sorte de dispositifs techniques, de progrès scientifiques. En tant qu'archéologue, cela me donne un outil supplémentaire pour mieux comprendre les contraintes, les défis, auxquels nos prédécesseurs étaient confrontés", assure Marc-Antoine Kaeser.

Propos recueillis par David Berger

Adaptation web: Guillaume Martinez

Publié le 15 mai 2020 à 10:05 - Modifié le 15 mai 2020 à 11:28