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Retour sur les principales décisions prises jeudi par le Conseil fédéral

Le Conseil fédéral a tenu une conférence de presse jeudi où il a présenté un plan de déconfinement.  [Salvatore Di Nolfi - Keystone]
Le Conseil fédéral a tenu une conférence de presse jeudi où il a présenté un plan de déconfinement. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]
Le Conseil fédéral a dévoilé jeudi un plan de déconfinement en trois étapes. Les coiffeurs, jardineries et plusieurs autres commerces pourront rouvrir dès le 27 avril, et l'école obligatoire devrait reprendre le 11 mai. Des aides aux indépendants indirectement touchés ont aussi été dévoilées.

- LES 3 ÉTAPES DU DÉCONFINEMENT -

Le Conseil fédéral veut sortir de la crise du Covid-19 en trois étapes. Les mesures seront coordonnées au niveau national, et les assouplissements s’accompagnent de plans de protection. Selon la branche, il peut s’agir d’une recommandation ou d’une obligation de porter un masque.

>> Lire : Crèches, coiffeurs et jardineries rouvriront dès le 27 avril, tandis que l'école obligatoire reprendra le 11 mai

Le passage d’une étape à l’autre n’aura lieu que s’il n’y a pas d’augmentation significative des cas de Covid-19. Les différentes étapes seront suffisamment espacées pour observer les effets des mesures d’assouplissement sur l'épidémie.

Les mesures d’éloignement social et d’hygiène restent d’actualité et gardent toute leur importance. Les personnes vulnérables doivent continuer de rester à la maison. Enfin, en raison de la situation épidémiologique, le Conseil fédéral a autorisé le canton du Tessin à prolonger jusqu’au 26 avril les restrictions dans certaines branches de l’économie.

Première étape - 27 avril :

Les coiffeurs, les physiothérapeutes, les jardineries et les autres prestataires de services seront autorisés à retourner au travail dès le 27 avril. Les hôpitaux pourront à nouveau pratiquer toutes les interventions, y compris celles qui ne sont pas urgentes. Les cabinets médicaux pourront à nouveau proposer à nouveau toutes leurs prestations, y compris celles qui ne sont pas urgentes.

Ces activités n'impliquent que peu de contacts directs et n'occasionnent pas de flux importants de personnes. Par ailleurs, il est facile de mettre en place des plans de protection. Il est aussi prévu que les personnes extérieures à la famille proche d’un défunt puissent à nouveau assister aux funérailles.

Enfin, à partir du 27 avril, les magasins d’alimentation qui proposent d’autres marchandises en plus des biens de consommation courante pourront rouvrir toutes leurs surfaces de vente.

Deuxième étape - 11 mai :

A partir du 11 mai, le Conseil fédéral prévoit la réouverture des écoles obligatoires, des autres magasins et des marchés. Le Conseil fédéral entend prendre une décision à ce sujet le 29 avril.

Concernant la réouverture des écoles, Daniel Koch, de l'OFSP, a rappelé en conférence de presse que les enfants ne sont pas un vecteur principal de propagation: "Ils ne tombent pas malades et ne sont pas infectés, c'est pour ça qu'une réouverture des écoles le 11 mai est envisageable". Cette réouverture devrait être accompagnée de mesures de protection que le Conseil fédéral doit encore décider.

Troisième étape - 8 juin :

Dans une troisième phase, prévue à partir du 8 juin, ce sont les écoles professionnelles et du secondaire II ainsi que les hautes écoles qui devraient rouvrir leurs portes. A la même date, les établissements de divertissement et de loisirs tels que musées, bibliothèques, jardins botaniques et zoos devraient rouvrir.

L'interdiction de rassemblement sera également assouplie. Le gouvernement doit se prononcer sur les détails de cette étape le 27 mai prochain. Pour l’heure, rien n’est encore décidé pour la suite. Aucune décision n'a été prise concernant réouverture des bars et des restaurants. S'agissant des grandes manifestations, le Conseil fédéral décidera lors d’une de ses prochaines séances quand elles seront à nouveau autorisées.

>> Lire : La 45e édition du Paléo Festival est annulée

Reprendre le suivi des transmissions

Dès que le nombre de cas aura suffisamment diminué, les cantons recommenceront à tracer systématiquement les chaînes de transmission. Pour ce faire, il est prévu de renforcer les dépistages, d’élaborer une stratégie de suivi des contacts et de développer une application qui permettra de savoir si quelqu’un a été en contact avec une personne infectée.

- AIDE AUX INDÉPENDANTS TOUCHÉS  INDIRECTEMENT -

Les chauffeurs de taxis, physiothérapeutes et autres professionnels touchés indirectement par les mesures de lutte contre le coronavirus auront droit à une aide. Le Conseil fédéral a décidé jeudi de leur donner droit à l'allocation pour perte de gain Covid-19.

De nombreux indépendants ont vu leurs revenus s'effondrer bien qu’il ne leur soit pas interdit d’exercer leur activité. Pour éviter des cas de rigueur, le Conseil fédéral élargit le droit à l'allocation pour perte de gain Covid-19 aux indépendants qui ne sont pas directement concernés par la fermeture des entreprises ou par l’interdiction de manifestations.

Il faudra que le revenu de l’activité lucrative soumis à l’AVS soit supérieur à 10'000 francs, mais ne dépasse pas 90'000 francs. Le montant maximal de l’allocation sera de 196 francs par jour, soit 5880 francs par mois, comme pour les autres ayants droit à l’allocation pour perte de gain Covid-19.

Les concernés pourront demander rétroactivement l'indemnité à compter du premier jour du déclin de l’activité, mais au plus tôt le 17 mars. Le droit prendra fin après deux mois, mais au plus tard avec la levée des mesures destinées à lutter contre la pandémie. Les caisses de compensation pourront demander la restitution des prestations indûment perçues.

- AIDE AUX PARENTS -

Les parents que des mesures comme la fermeture des écoles a obligés à interrompre leur activité afin de garder leurs enfants jusqu’à l’âge de 12 ans auront aussi droit à l'allocation pour perte de gain Covid-19. Étant donné que cette limite d’âge engendre des difficultés pour les parents d’enfants en situation de handicap, le Conseil fédéral a décidé de la repousser à 20 ans dans ce cas-là.

Ont droit à l’allocation les parents d’enfants qui fréquentent une école spéciale ou qui ont droit à un supplément pour soins intenses de l’AI. Mais à condition que l’école spéciale, qui peut être une école ou un centre de réadaptation, soit fermée en raison des mesures destinées à lutter contre la pandémie.

Les parents peuvent y prétendre au plus tôt depuis le 19 mars. Le droit cessera avec la levée des mesures destinées à lutter contre la pandémie de coronavirus. Les parents qui exercent une activité lucrative indépendante y auront droit durant trente jours au plus, par analogie à ce qui est prévu pour les parents d’enfants sans handicap.

Les parents d’adolescents placés en intégration dans une école ordinaire et qui ne perçoivent pas de supplément pour soins intenses, le droit à l’allocation prend fin, comme cela est le cas actuellement, au moment du 12e anniversaire de l’enfant.

- EXAMENS DE FIN D'APPRENTISSAGE -

D'ici l'été, près de 75'000 jeunes arriveront au terme de leur formation professionnelle initiale. Les facilités décidées par le gouvernement visent à ce qu'ils puissent obtenir un certificat fédéral de capacité (CFC) ou une attestation de formation professionnelle (AFP) malgré l'épidémie liée au coronavirus.

Comme déjà annoncé, les examens scolaires sont remplacés par la note d'expérience et la note d'école. Pour ce qui est de la pratique, plusieurs variantes sont possibles. En fonction de la profession, soit les apprentis doivent réaliser un examen pratique, soit l’entreprise formatrice procède à une évaluation des prestations pratiques.

Les personnes concernées recevront des informations détaillées sur les modalités des examens de la part des offices cantonaux de la formation professionnelle. Les modalités des différents examens de maturité devraient être fixées d’ici début mai.

asch avec ats

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Programme de recherche sur le Covid-19

Le Conseil fédéral lance un programme national de recherche (PNR) dédié au Covid-19. Doté de 20 millions de francs rassemblés à partir de fonds existants, le programme durera 24 mois, a décidé jeudi le gouvernement.

Selon le gouvernement, un besoin urgent de recherche se fait sentir dans les domaines biomédical et clinique afin de mieux comprendre la transmissibilité, les effets et le traitement du Covid-19. Le but du nouveau programme est de canaliser au maximum les compétences de recherche existantes en Suisse et de les associer dans des projets de grande envergure afin d'obtenir rapidement des résultats.

Le programme est axé sur la biologie, l'immunologie et l'immunopathologie du virus. De nouvelles approches en épidémiologie et de nouvelles stratégies de prévention pourront être étudiées. Et de nouveaux vaccins pourront être conçus.

Port du masque obligatoire pas envisagé

Le Conseil fédéral n'envisage toujours pas le port du masque obligatoire dans le cadre du déconfinement lié au Covid-19. Il recommande de s'en tenir aux mesures d'hygiène des mains et de distance de sécurité.

Le gouvernement s'appuie sur le travail des experts, a indiqué jeudi devant la presse le conseiller fédéral Alain Berset. Les personnes saines n'ont pas besoin de porter un masque, a-t-il dit.

Seuls les malades, les personnes à risques et les employés travaillant dans des secteurs impliquant des contacts étroits doivent en porter un. La reprise économique graduelle impliquera que davantage de personnes y seront astreintes. Les achats pour l'approvisionnemnt sont en cours.