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Comprendre d'où vient la peur qui accompagne le coronavirus

Un soldat désinfecte la statue "La Bella Lola" à Oviedo, dans le nord de l'Espagne, le 12 avril 2020. [Alberto Morante - Keystone/epa]
Pourquoi le coronavirus nous fait-il peur? / Le 12h30 / 2 min. / le 13 avril 2020
Peur d'être contaminé, que nos proches soient malades, ou encore craindre la mort… Le coronavirus, avec son lot de changements dans nos vies, peut nous faire peur. Analyse d'un sentiment nécessaire, mais parfois paralysant.

Avoir peur, c'est normal et c'est même plutôt bien! La peur est une émotion de base qui permet de nous protéger et qui, dans le cas du coronavirus, nous permet de bien suivre les consignes.

Une peur rationnelle qui s'oppose à d'autres peurs comme les phobies, où la menace est très faible. Mais une peur peut facilement basculer du côté de l'anxiété: "Lorsque cette peur devient excessive, elle peut se traduire comme une émotion qui, plutôt que nous protéger, nous alerte à tort", explique Guido Bondolfi, le médecin chef du service de psychiatrie de liaison et d'intervention de crise aux Hôpitaux universitaires de Genève. "Avoir des soucis incontrôlables et excessifs est contre-productif".

Des mesures inédites de santé publique

Avoir un peu peur, c'est donc rationnel puisqu'un réel danger existe; mais pourquoi le coronavirus nous fait-il plus peur que d'autres maladies? Sans doute parce que les autres épidémies n'ont pas forcément engendré des mesures de santé publique comme aujourd'hui: impossible d'en faire abstraction.

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Et puis il y a aussi l'effet de surprise: "On n'est vraiment pas dans une situation à laquelle on s'attendait. On avait quand même l'impression d'avoir un certain contrôle assez général sur les maladies autour de nous et, tout d'un coup, apparaît quelque chose qui est assez incertain, dont les conséquences, aussi, sont très incertaines", analyse David Sander, professeur à l'Université de Genève et directeur du Centre interfacultaire des sciences affectives.

Les gens attendent dans une longue file pour enter dans un supermarché de San Donato, dans la banlieue de Milan. Italie, le 11 avril 2020. [Claudio Furlan - Keystone/AP LaPresse]Les gens attendent dans une longue file pour enter dans un supermarché de San Donato, dans la banlieue de Milan. Italie, le 11 avril 2020. [Claudio Furlan - Keystone/AP LaPresse]

Le rôle de l'incertitude

"Il y a a, à mon avis, une grande différence par rapport aux dangers qui sont connus: c'est justement le fait qu'on a du mal à prévoir ce qui va arriver. Donc cette incertitude renforce l'intensité de la peur", affirme David Sander.

Face à ces incertitudes on n'agit pas tous de la même manière. Selon le professeur, il existe différentes stratégies pour réguler sa peur: "Par exemple, le fait de se laver les mains... même le fait de pouvoir acheter des masques... Tous ces gestes-barrières sont aussi la capacité d'augmenter notre sentiment de maîtrise et de contrôle face au virus. Cela diminue la peur que l'on peut avoir. Une seconde stratégie c'est, par exemple, de relativiser l'importance de la menace. De se dire 'finalement, c'est pas si grave... les conséquences ne vont pas être tellement marquées... bientôt, ce sera terminé'."

Et puis il y a aussi l'humour qu'on retrouve surtout sur les réseaux sociaux: des blagues qui nous permettent pendant un court moment de rendre le coronavirus moins menaçant. Et ça, ça fait du bien!

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Sujet radio: Gabriela Cabré

Adaptation web: Stéphanie Jaquet

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