Modifié le 25 mars 2020 à 09:05

Hausse des accouchements à domicile en raison de la pandémie de Covid-19

La naissance est un moment encore plus particulier en ces temps de pandémie (image d'illustration).
Accoucher en période de coronavirus: interview de Charlotte Moënnat, sage-femme indépendante Le 12h30 / 4 min. / le 24 mars 2020
Peur du coronavirus en milieu hospitalier et incertitude sur la présence du père font augmenter les demandes d'accouchements à domicile. Mais ce type de naissance doit être préparé au mieux par les parents, et il n'est pas toujours possible.

Donner naissance à un enfant est déjà, en temps normal, un moment plein d’inconnues et parfois de craintes. Et c'est d'autant plus difficile en pleine pandémie du nouveau coronavirus.

"On a une charge augmentée, avec des demandes vraiment plus importantes ces dernières semaines pour des accouchements à domicile et en maison de naissance" confirme Charlotte Moënnat, sage-femme indépendante à Aubonne, dans le 12h30. "Les couples se retournent vers nous pour différentes raisons", précise-t-elle: "Je peux relever vraiment une peur liée au virus en milieu hospitalier et l'incertitude parfois de la présence du père à la maternité".

"Tout est mis en œuvre" dans les maternités

C'est une période qui peut être plus difficile en matière de vécu d'accouchement, autant pour les mamans que pour les papas, constate la sage-femme. Charlotte Moënnat tient cependant à relever que "les maternités prennent des dispositions en lien avec le virus pour protéger les couples, les nouveau-nés et le personnel soignant". Tout est mis en œuvre, souligne-t-elle, "pour que les couples accueillent leur enfant dans les meilleures conditions malgré un contexte actuellement difficile."

Quand tout bascule très vite

Valentine Frautschi, 34 ans, a accouché il y a une semaine à l’Hôpital de Morges (VD). Elle voulait donner la vie à sa fille à la maison, mais un diabète gestationnel l'en a empêchée. Elle avait par ailleurs le rhume et tout s'est très vite compliqué.

"On m'a informée le 16 [mars] qu'on allait faire notre possible pour que ça se passe en césarienne douce, mais qu'il y aurait peut-être des changements - dont le réveil. Que je ne pourrais peut-être pas me réveiller avec ma fille et mon mari", raconte-t-elle dans le 12h30.

Mais lorsqu'elle se présente le 17 mars avec son mari pour l'accouchement, l'établissement vient d'interdire aux futurs pères d' assister aux opérations. "On a accusé le coup avec mon mari. On a beaucoup pleuré", se souvient Valentine Frautschi.

Comme la parturiente a le rhume, l'hôpital lui fait faire le test du Covid-19, tout comme à son époux qui devra ensuite quitter l'hôpital. "Cela a été ultra-dur pour lui, il était un peu destitué de son rôle de papa. Moi, je me suis réveillée seule. Pendant trois heures, je n'avais toujours pas ma fille, je ne savais pas que mon mari était rentré à la maison. Je ne savais rien".

"J'entendais ces gens tousser à mort"

Finalement, mère et fille sont placées en zone de confinement. "C'est là où j'ai envie de donner de l'espoir, parce qu'il y avait tout pour paniquer sans mon mari", tient à dire la nouvelle mère. "J'entendais ces gens tousser à la mort, j'avais la mort qui rôdait autour de moi et j'étais dans une bulle avec ma fille à qui je venais de donner la vie. C'était un moment juste extraordinaire et c'est là que je me suis rendu compte à quel point on a des forces insoupçonnées en nous quand on vient de donner la vie".

oang avec Pauline Rappaz

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CQFD - Publié le 24 mars 2020

Publié le 24 mars 2020 à 13:56 - Modifié le 25 mars 2020 à 09:05