Modifié le 19 mars 2020 à 12:22

Comment recruter des saisonniers, s'inquiètent les agriculteurs suisses

Les agriculteurs suisses ont besoin de travailleurs saisonniers.
Les agriculteurs s'inquiètent déjà pour le recrutement des saisonniers La Matinale / 1 min. / le 19 mars 2020
Ce sont eux qui nourrissent la Suisse: les agriculteurs ont besoin de bras. Et en cette période de pandémie et de restrictions, ils s’inquiètent déjà pour le recrutement de la main d’œuvre saisonnière et étrangère.

Maraîchers, arboriculteurs, paysans, tous ou presque emploient des travailleurs étrangers. C'est même "vital", selon Pierre-Antoine Héritier, président de la Fédération valaisanne des vignerons. Il parle d'une période de grande incertitude. Car le pic de l'activité est attendu dès avril ou mai selon les secteurs. Ce sont alors 20 à 30'000 saisonniers qui œuvrent dans les cultures suisses.

Producteur de légumes dans le Vully, Alexandre Javet emploie 5 personnes au bénéfice d'un permis B ou L: "Aujourd'hui, la situation est saine sur mon exploitation, mais il y a deux risques importants: si mes employés veulent rentrer chez eux retrouver leur famille alors qu'il y a des problèmes dans leur pays; ou si du personnel est malade sur l'exploitation, est-ce qu'on va pouvoir continuer de travailler et est-ce que ce sera possible de trouver du personnel pour les remplacer?" Un risque non négligeable: dans certaines exploitations du Seeland, des travailleurs polonais ont déjà choisi de rentrer dans leur pays.

Plus compliqué de faire venir de la main d'oeuvre

Aujourd'hui, il est certes encore possible de faire venir de la main d'œuvre, mais l'évolution de la pandémie rend la situation plus complexe: "C'est un véritable souci, les procédures sont renforcées. On vient d'apprendre qu'il faut un titre de séjour, quand il ne fallait qu'un contrat de travail. Cela implique une administration plus complète, des délais d'attente", explique Francis Egger, vice-directeur de l'Union suisse des paysans. Et il rajoute que le Secrétariat à l'économie a donné un délai de huit jours aux exploitants pour s'adapter aux nouvelles normes.

Francis Egger évoque déjà des solutions de rechange, comme un transfert des forces de travail, par exemple de la restauration vers l'agriculture.

Julie Rausis/ebz

Publié le 19 mars 2020 à 09:03 - Modifié le 19 mars 2020 à 12:22