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Le procès FIFA sombre devant la justice fédérale à cause du Covid-19

Wolfgang Niersbach (à droite) et son équipe d'avocats à leur arrivée au Tribunal pénal fédéral de Bellinzone mercredi 11 mars [Samuel Golay - Keystone/Ti-Press]
Wolfgang Niersbach (à droite) et son équipe d'avocats à leur arrivée au Tribunal pénal fédéral de Bellinzone mercredi 11 mars [Samuel Golay - Keystone/Ti-Press]
Coronavirus oblige, le Tribunal pénal fédéral a annoncé mardi soir la suspension au moins jusqu’au 20 avril du procès sur de possibles malversations financières dans le cadre du mondial 2006 en Allemagne. La prescription menace toujours davantage.

Après plus d’une semaine de valse-hésitation, le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone s’est rendu à l’évidence: il n’est plus possible d’exiger la présence des accusés pour le premier grand procès des enquêtes FIFA autour du financement du Mondial 2006 en Allemagne.

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"Tous les prévenus sont âgés de plus de 65 ans et certains d'entre eux souffrent déjà de pathologies. Ils font donc partie du groupe à risque", écrit le TPF dans un communiqué diffusé mardi soir.

Suspension jusqu'au 20 avril

En conséquence, le tribunal suspend la procédure jusqu’au 20 avril au moins, soit au minimum la durée des mesures ordonnées par le Conseil fédéral pour lutter contre le Covid-19.

Ce report signe la possible fin de toute poursuite, car les faits seront prescrits le 27 avril pour les quatre accusés, un ancien secrétaire général de la FIFA et trois anciens dirigeants de la Fédération allemande de football.

Il reste une possibilité de sauvetage: le Conseil fédéral pourrait décréter un gel des délais judiciaires pour la durée de l’état de nécessité.

Mais une autre hypothèque pèsera encore sur ce procès décidément mal embouché: le rapport d’enquête disciplinaire rendu contre le procureur général Michael Lauber risque de "remettre en cause l’exploitabilité de certains moyens de preuve" comme l’écrit le TPF. En clair, les rencontres secrètes du procureur avec le président de la FIFA pourraient finir de faire tout capoter, avec ou sans coronavirus.

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Ludovic Rocchi

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