Modifié le 14 mars 2020 à 20:37

Pris d'assaut, les supermarchés rassurent les clients sur leurs stocks

Les étals des grandes surfaces ont été dévalisés.
Les étals des grandes surfaces ont été dévalisés. 19h30 / 2 min. / le 14 mars 2020
Des clients se sont rués dans les magasins suite aux mesures du Conseil fédéral pour lutter contre le coronavirus. Les rayons ont été partiellement vidés dans plusieurs villes suisses. Les détaillants assurent toutefois qu'il n'y a pas de risque de pénurie.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont partagé entre vendredi soir et samedi des photos d'étals vidés de leurs légumes ou de leurs boîtes de conserve dans des grands magasins de Zurich ou de Bâle, mais aussi en Suisse romande.

Un porte-parole de Migros a confirmé à Keystone-ATS que certains magasins avaient des rayons en partie vides, malgré des capacités de livraison massivement augmentées et d'importants effectifs. Les collaborateurs ont travaillé 24 heures sur 24 pour approvisionner les différentes succursales en produits supplémentaires.

Les centres de distribution travaillent également avec des équipes supplémentaires, a précisé le porte-parole. Le personnel a été renforcé et davantage de livraisons sont effectuées pour approvisionner les magasins. Les capacités par route et par rail ont également été augmentées.

Forte demande

Un porte-parole explique qu'Aldi a initialement connu des difficultés de livraison, notamment de la part des fournisseurs italiens. Les articles manquants ont jusqu'à présent bien été remplacés par des produits alternatifs. Les magasins sont désormais approvisionnés quotidiennement avec l'assortiment complet.

Une porte-parole de Coop confirme pour sa part que la demande a de nouveau très fortement augmenté depuis vendredi. "Nous faisons tout notre possible pour assurer la disponibilité des marchandises". De manière générale, la demande a nettement augmenté depuis deux semaines.

Selon les détaillants, les achats supplémentaires concernent avant tout les aliments de longue conservation, les accompagnements, les produits surgelés, le papier toilette, la farine, le sucre et les produits pour se laver les mains.

Pas de risque de pénurie

Aldi n'a jamais observé un tel comportement d'achat depuis son entrée sur le marché suisse en 2005, confirme son porte-parole. Même les achats habituels avant les jours fériés ne sont pas comparables. Les entreprises interrogées n'ont toutefois fourni aucun détail sur l'ampleur de ces achats et leur impact sur leur chiffre d'affaires.

Il n'existe actuellement aucun risque de pénurie générale, rassurent les détaillants. Même dans la situation exceptionnelle actuelle, il n'est pas nécessaire de constituer d'importants stocks, qui dépasseraient de loin les besoins quotidiens.

"Nous continuerons d'assurer les livraisons la semaine prochaine et à remplir les rayons", assure le porte-parole de Migros. Ce dernier explique qu'il n'y a pas de pénurie pour les produits alimentaires et que le ravitaillement quotidien est assuré dans tous les cas. "Nos entrepôts sont bien approvisionnés".

>> L'interview du porte-parole de Migros, Tristan Cerf, dans le 19h30:

Tristan Cerf, Migros « Il n’y aura pas de pénurie, la logistique a été augmentée, on ne manquera pas de nourriture. »
19h30 - Publié le 14 mars 2020

Pas de panique, dit le gouvernement

Vendredi, la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga a mis en garde contre toute panique, malgré les nouvelles mesures annoncées. "La situation est sérieuse, mais les mesures doivent continuer à être acceptables pour la population", a-t-elle déclaré devant les médias. Des fermetures généralisées de magasins ne sont pas à l'ordre du jour.

Le Conseil fédéral a décidé vendredi d'interdire les réunions de plus de 100 personnes jusqu'à fin avril, de fermer les écoles jusqu'au 4 avril dans toute la Suisse et de réintroduire des contrôles aux frontières. La Confédération mettra jusqu'à dix milliards de francs à disposition de l'économie ralentie par le coronavirus.

>> Les mesures annoncées vendredi par le Conseil fédéral: Ecoles fermées, réunions de plus de 100 personnes interdites: la Suisse durcit ses mesures

ats/ani

Publié le 14 mars 2020 à 15:03 - Modifié le 14 mars 2020 à 20:37

Jour de marché presque comme les autres à Lausanne

Malgré les craintes liées au coronavirus, la population a afflué samedi à Lausanne pour faire le plein de fruits et de légumes. Certains essaient de se tenir à distance - comme le recommandent instamment les autorités, d'autres non.

En plein centre-ville, place de la Palud, un stand soucieux d'éviter la propagation du coronavirus a installé des affichettes et un marquage au sol: ses clients sont priés de ne s'avancer que lorsqu'un vendeur est disponible. "C'est difficile à faire respecter", soupire le marchand de fruits et légumes.

Vaud, qui est l'un des cantons les plus touchés par le virus, a pris vendredi des mesures drastiques, plus sévères que celles de la Confédération, pour essayer de ralentir la pandémie. Il a limité à 50 personnes les rassemblements - la Confédération a placé la barre à 100 -, mais a maintenu la plupart de ses marchés, sous la surveillance de la police et de la protection civile (PCi). Dont celui de Lausanne.

"Difficile de faire passer le message"

Rencontré en plein centre-ville, le municipal de la police, Pierre-Antoine Hildbrand, reconnaît qu'il est "difficile de faire passer le message". Mais ajoute que "lorsqu'une file s'est formée devant le stand de lait, les gens respectaient les distances".

Globalement, il constate une baisse de l'affluence mais "avec des paniers un peu plus lourds". "Les personnes âgées sont venues plus tôt, parce qu'il y avait moins de monde. Les gens tiennent énormément à venir au marché", a-t-il observé.

En matinée, les jeunes sont encore peu présents. Ce soir, les correspondants de nuit vont les sensibiliser aux risques, afin d'éviter des rassemblements spontanés de plus de 50 personnes.

ats