Modifié le 12 mars 2020 à 10:00

Le Valais et Berne n'ont pas la même approche face aux violences anti-LGBT+

Une flashmob contre l'homophobie à Genève, le 17 mai 2017, dans le cadre de la campagne de la Ville "Des pensées contre l'homophobie et la transphobie" réalisée par l'artiste britannique Paul Harfleet.
Le Valais et Berne n'ont pas la même approche face aux violences anti-LGBT+ Le Journal horaire / 1 min. / le 12 mars 2020
Alors que le canton de Berne va recenser statistiquement les agressions visant les personnes dites LGBTQIA+, le Grand Conseil valaisan a refusé que la police du canton tienne de telles statistiques. "Ce travail doit être effectué par un autre canal", a dit le conseiller d'Etat Frédéric Favre.

Les agressions anti-LGBTQIA+ devront être recensées statistiquement dans le canton de Berne. Le Grand Conseil a accepté mercredi par 81 voix contre 62 une motion des Vert'libéraux chargeant le gouvernement de créer les bases légales pour établir cette statistique de la violence contre cette communauté.

Recenser pour agir contre les violences

Pour une majorité des députés bernois, l'Etat doit connaître l'ampleur des agressions physiques et verbales dont sont victimes les lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, queers, intersexes et les asexuels. La tenue d'une telle statistique doit permettre d'agir contre ces violences.

Le Grand Conseil souhaite que le canton de Berne envoie un signal fort contre cette forme de discrimination ciblant les personnes LGBTQIA+.

La motion des Vert'libéraux a bénéficié du soutien des Verts, des socialistes, ainsi que des élus du Parti bourgeois-démocratique et du Parti évangélique.

Une tâche pour les médecins et les services sociaux

Du côté du Valais, pas question que la police cantonale tienne des statistiques en la matière. La majorité du Grand Conseil – 86 députés contre 32 – a refusé mercredi l'idée de lui confier pareille tâche.

Devant le plénum, Frédéric Favre, le conseiller d'Etat en charge de la sécurité, a estimé "que donner ce travail à la Police cantonale, ce n'était ni le bon endroit, ni le bon moment pour mettre à jour des données personnelles. Ce travail doit être effectué par un autre canal".

Le libéral-radical préconise des sondages effectués par des médecins, les services sociaux ou en lien avec la LAVI – la Loi fédérale sur l'aide aux victimes d'infractions.

Formation spécifique pour la police rejetée

Les auteurs du postulat, Benoît Barras (ADG), Thomas Birbaum (PLR) et Jérémy Savioz (Les Verts) demandaient également la mise en œuvre d'une formation de base et/ou continue pour les policiers cantonaux afin de gérer ce genre d'agressions.

Frédéric Favre a rappelé que les policiers cantonaux bénéficient d'une formation globale: "Nous les sensibilisons et formons à diverses problématiques comme la violence subie par les femmes battues ou les mineurs abusés. Des cours de sensibilisation sont régulièrement effectués dans ces domaines".

Concernant d'éventuelles formations au sujet de la violence à l'encontre de la communauté LGBTQIA+, "nous y réfléchirons s'il y a un besoin en ce sens".

Mardi, le Conseil des Etats avait pris une décision semblable. Par 21 voix contre 18, il a liquidé un projet demandant que les crimes fondés sur l'orientation sexuelle ou l'identité de genre ne fassent pas l'objet d'un recensement national. La majorité a invoqué la difficulté à mettre en œuvre cette motion.

ats/sjaq

Publié le 11 mars 2020 à 17:33 - Modifié le 12 mars 2020 à 10:00