Modifié le 13 février 2020 à 20:46

L'UDC bernois Pierre Alain Schnegg veut élever les primes maladie des plus riches

L'UDC bernois Pierre Alain Schnegg plaide en faveur de primes maladie plus chères pour les riches, son interview
L'UDC bernois Pierre Alain Schnegg plaide en faveur de primes maladie plus chères pour les riches, son interview Forum / 5 min. / le 13 février 2020
Le ministre UDC bernois de la Santé Pierre Alain Schnegg a évoqué jeudi l'idée d'augmenter les primes maladie à 600 ou 700 francs par mois pour le tiers le plus riche de la population. Les cantons, eux, seraient chargés de réduire la facture pour les deux tiers restants.

Et si les ménages à hauts revenus payaient leurs primes d'assurance maladie plus cher? Si une partie de la gauche défend l'idée de primes liées au revenu, c'est cette fois un élu UDC qui a défendu ce type d'approche jeudi matin dans les colonnes du Bund: le ministre bernois de la Santé Pierre Alain Schnegg.

"Nous avons un système de financement de la santé extrêmement complexe. Il manque de transparence, avec un accès très difficile aux réels coûts de la santé. Ma proposition est que tous les coûts soient financés par les caisses maladie", a expliqué Pierre Alain Schnegg jeudi soir dans l'émission Forum de la RTS, plaidant pour une réforme complète du financement du secteur.

Hausse de 25 à 30%

Les cantons ne paieraient donc plus une partie des coûts des hôpitaux et des EMS, comme aujourd'hui. "Les primes augmenteraient, pour tout le monde, de 25 à 30%", poursuit le conseiller exécutif bernois. "Les cantons utiliseraient une partie de l'argent économisé ainsi pour réduire les primes de leurs habitants. Cela permettrait d'améliorer nettement la prise en compte des besoins des familles".

Le conseiller d'Etat bernois Pierre Alain Schnegg (2e depuis la gauche).

Avec un très haut revenu, des primes passant de 300-400 à 600-700 fr. par mois ne posent pas de problème fondamental

Pierre Alain Schnegg, ministre UDC de la santé du canton de Berne

"Lorsque vous avez un très haut revenu, que vous payiez 300 - 400 francs de primes maladie, ou 600 - 700 francs, je ne pense pas que ça vous crée un problème fondamental", a estimé Pierre Alain Schnegg, qui évalue à deux tiers de la population les personnes qui toucheraient des réductions; le tiers restant paierait donc plus qu'aujourd'hui. "Ça permettrait une meilleure répartition de la charge sur l'ensemble des citoyens de notre pays. Pour certaines familles, cette charge est devenue insoutenable", constate l'UDC bernois.

Pour lui, une telle réforme participerait aussi à endiguer l'augmentation des coûts de la santé, car elle apporterait beaucoup de transparence dans les coûts: "Plus un système est complexe, sans responsabilité clairement répartie, plus il est inefficient. Avec cette réforme, nous aurions un système extrêmement clair, avec des responsabilités bien définies, où chacun a des règles du jeu à respecter".

Pas peur d'être taxé de socialiste

Le ministre de la Santé bernois confie que sa proposition a rencontré "un certain écho" auprès de ses homologues. "Tout le monde est conscient qu'on ne peut pas continuer sans vraies réformes, et pas uniquement avec de petites mesurettes pour essayer d'endiguer, un an sur deux ou trois, les augmentations".

On ne peut pas continuer sans de vraies réformes, avec de petites mesurettes pour endiguer un an sur deux ou trois les augmentations

Pierre Alain Schnegg

Il ne craint pas d'être accusé d'avoir viré socialiste: "Je veux un système performant, de qualité, et qui reste supportable pour l'ensemble des habitants de ce pays. Beaucoup de membres et de sympathisants UDC sont des familles à faibles revenus, pour lesquelles ces primes deviennent également insoutenables", lâche Pierre Alain Schnegg.

Propos recueillis par Renaud Malik
Adaptation web: Vincent Cherpillod

Publié le 13 février 2020 à 19:47 - Modifié le 13 février 2020 à 20:46