Modifié le 14 février 2020 à 13:45

L'agriculture aura un cadre plus proche des préoccupations de la population

Le Conseil fédéral présente sa politique agricole 2022: la réduction de l'impact environnemental est au cœur du projet.
Le Conseil fédéral présente sa politique agricole 2022: la réduction de l'impact environnemental est au cœur du projet. 19h30 / 2 min. / le 13 février 2020
Changement climatique, progrès technologiques, nouvelles attentes de la population: l'agriculture a besoin d'un nouveau cadre pour 2022 à 2025. Le conseiller fédéral Guy Parmelin a présenté jeudi un projet à 13,774 milliards de francs.

La réforme devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2022. Elle jongle avec les attentes de la société et celles des exploitants dont les intérêts ne sont pas toujours identiques.

Les premiers attendent des produits régionaux, de qualité, diversifiés et à des prix bas. Ils ont aussi un oeil sur l'impact environnemental et sur les pesticides. Plusieurs initiatives ont été lancées en ce sens.

Les agriculteurs souhaitent pour leur part avoir affaire à des consommateurs cohérents, qui ne font pas de tourisme d'achat. Ils veulent offrir des produits sains et obtenir un paiement juste. Ils demandent que leur travail soit plus valorisé et aimeraient moins de charge administrative.

Empreinte écologique

L'élément central de la politique agricole dès 2022 (PA22+) vise une réduction de l'empreinte écologique de l'agriculture. Le projet répond ainsi à la demande des consommateurs.

L'utilisation des engrais et des pesticides sera réduite et la production de gaz à effet de serre diminuera. La réforme prévoit des mesures concrètes et crédibles comme alternatives à l'initiative pour une eau potable propre.

Il s'agit de réduire les apports de produits phytosanitaires et d'éléments fertilisants dans les écosystèmes. La quantité maximale d'engrais de ferme pouvant être épandue par hectare sera abaissée de 3 à 2,5%, a précisé le ministre. Afin d'atteindre les objectifs écologiques, le choix des produits autorisés sera restreint, les exigences pour réduire les émissions dans les cours d'eau et les biotopes seront renforcées.

Moins d'azote et de phosphore

Guy Parmelin exige également des exploitants qu'ils diminuent les pertes d'azote et de phosphore. La nouvelle politique prévoit un abaissement de 10% d'ici 2025 et de 20% d'ici 2030.

Le Parlement pourra parallèlement examiner l'initiative de la commission de l'économie du Conseil des Etats qui vise à réduire les risques liés à l'utilisation de produits phytosanitaires de 50% d'ici 2027. Ce but est soutenu par le gouvernement.

Si les dispositifs mis en place ne permettent pas d'atteindre les objectifs visés, la Confédération prendra des mesures supplémentaires en 2025. Des mesures propres aux régions pourront être mises en place de manière ciblée.

>> Ecouter également l'interview d'Anne Challandes, présidente de l'Union suisse des paysannes et des femmes rurales:

La place des paysannes dans la nouvelle politique agricole: interview d'Anne Challandes (vidéo)
L'invité-e d'actualité - Publié le 14 février 2020

ats/ebz

Publié le 13 février 2020 à 14:35 - Modifié le 14 février 2020 à 13:45