Modifié le 28 juin 2010 à 11:49

Rue du Stand: deux magistrats avertis

L'affaire de la rue du Stand pourrait avoir atteint son épilogue à l'occasion de la séance d'hier.
25, rue du Stand à Genève. [Keystone]
Le Conseil d'Etat genevois a prononcé mercredi un avertissement à l'encontre des conseillers administratifs de la Ville de Genève Pierre Muller et Christian Ferrazino. L'exécutif cantonal intervenait dans le cadre d'une enquête disciplinaire sur l'affaire de la rue du Stand.

L'exécutif cantonal a estimé que les deux magistrats avaient
«une responsabilité personnelle prépondérante dans la gestion du
dossier». Le gouvernement a en revanche renoncé à avertir leurs
collègues Manuel Tornare et André Hediger. Il a blanchi totalement
le cinquième membre du conseil.





Le Conseil administratif a «largement» dysfonctionné dans la
gestion du dossier du 25, rue du Stand, indique le communiqué du
Conseil d'Etat. L'exécutif aurait dû, par exemple, informer en
«temps utile» le Conseil municipal (législatif) d'une demande de
crédit complémentaire pour les travaux de rénovation.

Surcoût important

Pour rappel, l'affaire de l'immeuble de la rue du Stand défraye
la chronique depuis plusieurs mois à Genève. Elle a pour origine
l'achat par la Ville de Genève d'un bâtiment destiné à abriter une
partie des services de l'administration municipale. Le coût de
l'opération s'est élevée à 30 millions de francs.





L'immeuble devait être livré clé en main. Or, des travaux de
rénovation on été entrepris pour près de 8 millions de francs. Ces
dépenses supplémentaires ont été inscrites au budget d'entretien,
une manoeuvre qui a dispensé les conseillers administratifs de
saisir les députés d'une nouvelle demande de crédit.

Pas d'exonération

Par ailleurs, il incombait à l'exécutif de la Ville de veiller à
la bonne application des règles relatives aux marchés publics et de
surveiller le personnel municipal. «Les éventuels conseils erronés
de l'administration n'exonèrent pas les magistrats communaux de
leur responsabilité personnelle», a ajouté le Conseil d'Etat.





Le gouvernement cantonal note également la réaction «tardive» du
Conseil municipal. Ce dernier n'a notamment pas tenu compte des
remarques émises par le contrôle financier de la Ville au sujet des
investissements engagés sans ouverture de crédit, et il a voté
«sans réserves» les comptes 2004 en septembre 2005.





Agences/st

Publié le 18 mai 2006 à 07:37 - Modifié le 28 juin 2010 à 11:49

Réactions

Christian Ferrazino et Pierre Muller ont estimé que les conclusions de l'enquête confèrent «sa juste mesure à cette affaire». «Tout le monde en prend pour son grade: l'exécutif mais aussi le législatif», a déclaré Christian Ferrazino, l'élu de l'Alliance de gauche (AdG).

Le libéral Pierre Muller a pour sa part affirmé qu'il fallait replacer les sanctions édictées par le gouvernement dans le cadre des rapports très tendus entre l'Etat et la Ville de Genève. En revanche, il n'a pas répondu à la question de sa candidature aux prochaines élections communales prévues en avril 2007.

Le Conseil administratif a relevé dans un communiqué que les griefs retenus par le gouvernement cantonal avaient d'ores et déjà été admis. Il a également souligné que l'enquête a confirmé «qu'il n'y a eu aucune malhonnêteté dans la conduite de ce dossier».