Modifié lundi à 21:18

Après un an au Conseil fédéral, Karin Keller-Sutter "essaie de trouver des solutions"

Le bilan de Karin Keller-Sutter après une année à la tête du DFJP
Le bilan de Karin Keller-Sutter après une année à la tête du DFJP Forum / 8 min. / lundi à 18:00
Une année après son arrivée au Conseil fédéral, le bilan de Karin Keller-Sutter est jugé plutôt satisfaisant par les parlementaires. La conseillère fédérale PLR en charge de la Justice et Police se voit comme "une femme de l'exécutif qui essaye de trouver des solutions".

De gauche à droite de l'hémicycle, les parlementaires n'ont en général "rien de mal à dire" sur Karin Keller-Sutter, selon les propos du conseiller national UDC vaudois Michaël Buffat.

La conseillère fédérale st-galloise maîtrise ses dossiers. Son plurilinguisme est apprécié, notamment quand elle s'exprime en italien.

En termes de votation populaire en 2019, Karin Keller-Sutter a obtenu une jolie victoire sur la révision de la loi sur les armes. Elle a su convaincre les milieux bourgeois grâce peut-être bien à sa bonne réputation, avance un parlementaire. Mais à présent, beaucoup en attendent davantage. "Il est temps de faire vos preuves", estime le conseiller national Vert vaudois Daniel Brélaz.

Rares critiques

De nombreux parlementaires s'interrogent toutefois sur son influence au sein du Conseil fédéral. Tous s'attendaient à voir une dame de fer, brillante, compétente, très dure, mais capable de compromis. Au final, selon le PDC tessinois Marco Romano, la St-Galloise n'a pas pris une place de meneuse au Conseil fédéral.

Reste que les critiques à son encontre demeurent rares. Elles viennent des Verts, plus précisément de la conseillère aux Etats Lisa Mazzone. Pour la Genevoise, Karin Keller-Sutter doit prendre davantage de distances avec Economiesuisse, sur deux dossiers notamment: l'initiative sur les multinationales responsables et sur le congé parental, trop cher pour la cheffe du DFJP.

Mais Lisa Mazzone souhaite encore que la conseillère fédérale s'engage davantage pour l'égalité, surtout après avoir déclaré  dans la presse alémanique "on ne peut pas tout avoir: trois enfants, un mandat dans un conseil d'administration et une carrière politique."

"Une femme de l'exécutif"

Interrogée dans l'émission Forum lundi, Karin Keller-Sutter voit son rôle au sein du Conseil fédéral comme "une femme de l'exécutif qui essaie toujours de trouver des solutions, d'être pragmatique et de ne pas faire une politique partisane".

La cheffe du Département fédéral de justice et police estime également que le Conseil fédéral est "vraiment une bonne équipe. Il y a des discussions très vivantes, controversées parfois, mais il y a une volonté de trouver des majorités, de trouver des solutions, de ne pas laisser seulement des perdants".

"Je me suis toujours engagée pour l'égalité de tout le monde, des hommes et des femmes", a encore relevé Karin Keller-Sutter. "Aujourd'hui, je ne fais pas beaucoup de théorie mais je fais de la pratique. Dans mon état major, j'ai 60% de femmes parce que j'ai engagé des femmes. Sur les six postes que je pouvais repourvoir, j'ai embauché quatre femmes."

Les perspectives pour 2020

Pour Karin Keller-Sutter, l'année 2020 s'annonce chargée, avec notamment des rencontres au WEF à Davos qui commence la semaine prochaine. La ministre de Justice et Police a rendez-vous avec des représentants de la Commission européenne pour parler des relations avec Bruxelles et de la migration.

C'est surtout sur le front des votations populaires que la conseillère fédérale aura fort à faire, avec notamment en février, l'extension de la norme antiraciste à l'homophobie, l'initiative contre la libre circulation, en mai, et l'initiative pour des multinationales responsables, à la fin de l'année.

Dans Forum, la conseillère fédérale a mis en garde contre une acceptation de l'initiative de l'UDC contre la libre circulation, qui serait "une défaite pour la Suisse, la prospérité et pour les places de travail en Suisse parce que cette initiative demande de dénoncer l'accord de libre circulation avec l'UE. Ce serait le Brexit suisse".

Pour éviter un échec comme en 2014 avec l'initiative contre l'immigration de masse ,"il faut créer cette fois une alliance des forces qui sont pour la voie des bilatérales".

>> Les perspectives 2020 pour Karin Keller-Sutter:

Les prochaines échéances de Karin Keller-Sutter
Forum - Publié lundi à 18:00

Muriel Ballaman/lan

Publié lundi à 19:56 - Modifié lundi à 21:18