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Le Conseil suisse de la presse, noyé sous les plaintes, veut plus de moyens

Dominique von Burg, président du Conseil suisse de la presse. [Alessandro della Valle - Keystone]
Le Conseil de la presse fait face à une augmentation flagrante des plaintes / Médialogues / 23 min. / le 21 décembre 2019
Le Conseil suisse de la presse veut accélérer ses procédures pour répondre au nombre croissant de plaintes pendantes. Il prévoit de traiter les cas les plus simples devant son secrétariat et réclame des moyens supplémentaires à la Confédération.

Pour la troisième année consécutive, plus de 100 plaintes ont été déposées devant le Conseil suisse de la presse (CSP), l'instance de recours du public pour les questions qui ont trait à la déontologie journalistique. Fin novembre 2019, 112 nouvelles plaintes avaient déjà été déposées; en décembre, le cap des 120 a même été franchi. Parmi elles, environ 80 cas sont encore en suspens.

"Le Conseil suisse de la presse est mieux connu qu'avant, les gens davantage au courant qu'ils peuvent le saisir", a expliqué samedi dans l'émission Médialogues de la RTS celui qui préside cette instance depuis 12 ans, l'ancien rédacteur en chef de la Tribune de Genève et de la TSR Dominique Von Burg.

Pour parvenir à traiter le nombre croissant de plaintes pendantes, le CSP veut accélérer ses procédures. A l'avenir, il souhaite qu'un maximum de six mois s'écoule entre la réception de la réponse à la plainte et la publication de la prise de position.

Depuis 2017, plus de 100 nouvelles plaintes par année sont déposées devant le CSP [OFS]Depuis 2017, plus de 100 nouvelles plaintes par année sont déposées devant le CSP [OFS]

Jusqu'à 12 réunions par an

Pour diminuer le nombre de plaintes pendantes, la Fondation a libéré cette année des fonds supplémentaires, une mesure qui sera prolongée d'un an jusqu'à fin 2020. Elle prévoit également de traiter les plaintes les plus simples directement devant le secrétariat du Conseil, qui doit toutefois être renforcé. Les plaintes complexes et nouvelles, elles, continueront d'être traitées par trois chambres composées de professionnels et de représentants du public, mais celles-ci se réuniront désormais jusqu'à douze fois par an.

Comme c'est déjà le cas actuellement, deux membres du Conseil de la presse pourront exiger que des plaintes soient traitées par le plénum, a également indiqué le CSP dans un communiqué. Ces mesures, qui font partie d'un paquet de réformes adoptées par son Conseil de fondation début décembre, doivent être mises en oeuvre à partir du 1er janvier prochain.

Soutien de la Confédération requis

La Fondation du CSP a l'intention de mettre en oeuvre la réforme "progressivement et dans la limite des possibilités financières jusqu'en 2022". Après des années de déficit structurel, elle indique que son budget est actuellement proche de l'équilibre, bien que son capital ait considérablement diminué. Des moyens supplémentaires étant nécessaires pour appliquer les mesures prévues, la Fondation demande un soutien de la Confédération par le biais de l'aide indirecte aux médias.

Le CSP présente son travail comme un élément indispensable du service public assuré par les médias, qui ne sert pas que leur propre crédibilité, mais la société dans son ensemble, son information et la participation démocratique des citoyens.

ats/vic

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