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Mandat d'arrêt contre un ex-ministre iranien

Ali Fallahian dans le collimateur de la justice vaudoise [Keystone]
Ali Fallahian dans le collimateur de la justice vaudoise [Keystone]
La justice vaudoise lance un mandat d'arrêt international dans l'affaire de l'assassinat de l'opposant iranien Kazem Radjavi. Il vise un ex-ministre iranien soupçonné d'avoir commandité cette élimination.

L'information a été révélée par «Le Matin dimanche», qui
reproduit un extrait du document rédigé par le juge d'instruction
du canton de Vaud Jacques Antenen à l'encontre de «l'ancien
ministre de l'Intelligence et de la Sécurité de la République
islamique d'Iran», Ali Fallahian, né en 1949.

L'opposant iranien Kazem Radjavi avait été assassiné il y a 16
ans, le 24 avril 1990, près de Coppet (VD). Les soupçons de la
justice suisse s'étaient portés vers des diplomates iraniens qui
avaient rapidement quitté le pays après l'assassinat.

Pas de réaction à Téhéran

Les autorités iraniennes n'ont à ce jour pas réagi
officiellement à la procédure lancée à l'encontre d'Ali Fallahijan,
a indiqué le Département fédéral des affaires étrangères. Cette
affaire «est toujours à l'ordre du jour des relations bilatérales
(entre Berne et Téhéran) depuis 1990», a-t-il précisé.

L'Iran a toujours démenti être à l'origine de l'assassinat. En
juin 1997, le juge d'instruction vaudois Roland Châtelain, alors en
charge du dossier, s'était pourtant dit convaincu que l'ordre
venait de Téhéran, probablement du ministère des Renseignements. Il
disposait d'informations sur l'identité de treize suspects
recherchés en Suisse.

Mais le juge n'avait pas délivré de mandat d'arrêt contre Ali
Fallahian, contrairement au Parquet fédéral allemand en 1996. La
justice allemande l'accuse d'être à l'origine de l'affaire du
«Mykonos», du nom d'un restaurant berlinois où quatre opposants
politiques à l'Iran avaient été tués en 1992.

Treize suspects sous mandat d'arrêt

Le juge Antenen a repris le dossier en 1997. Les treize suspects
qui auraient collaboré à la préparation et à l'exécution de
l'assassinat font l'objet d'un mandat d'arrêt international depuis
cette année-là.

Cette affaire avait donné lieu à des tensions avec l'Iran mais
aussi avec la France, qui avait expulsé fin 1993 vers Téhéran deux
suspects arrêtés sur sol français, alors que Berne réclamait leurs
extraditions.

L'un des frères de Kazem Radjavi, Massoud, dirige le Conseil
national de la résistance iranienne (CNRI), principal mouvement
d'opposition armé, dont l'unique composante est l'organisation des
Moudjahidine du peuple.

ats/ps

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Le fils de Kazem Radjavi est ravi

Dans un communiqué, le fils du militant des droits de l'homme assassiné, Stéphane Radjavi, «se réjouit de cette avancée spectaculaire de la justice suisse».

Il rend hommage au juge vaudois Jacques Antenen, «un magistrat exceptionnel de courage et d'indépendance».

Stéphane Radjavi précise que le mandat d'arrêt international a été délivré par le juge le 20 mars et transmis à l'Office fédéral de la justice pour «diffusion mondiale».