Modifié mercredi à 09:53

Les élèves suisses toujours bons en maths, plus faibles en lecture

Des élèves vaudois participent à l'action "Le bruit des pages" en faveur de la lecture.
Les élèves suisses toujours bons en maths, plus faibles en lecture Le 12h30 / 1 min. / mardi à 12:30
Les élèves suisses se distinguent comme toujours en mathématiques, selon la dernière étude PISA publiée mardi. En revanche, en sciences, ils se situent légèrement au-dessus de la moyenne des pays de l'OCDE, alors qu'en lecture, ils sont légèrement plus faibles.

En lecture, la Suisse obtient 484 points, soit trois points sous la moyenne des pays de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE). Elle pointe derrière plusieurs pays comme le Danemark, l'Allemagne ou la France.

En mathématiques, le score des élèves suisses atteint 515 points pour une moyenne OCDE de 489. Ils se situent comme toujours dans le haut du classement, derrière les pays asiatiques mais aussi l'Estonie, les Pays-Bas et la Pologne.

En sciences, le résultat est encore légèrement en-dessus de la moyenne de l'OCDE (489) avec 495 points. Plusieurs pays comme l'Allemagne, la Suède, la Belgique ou la République tchèque nous devancent.

>> Interview de Bernard Schneuwly, professeur de didactique des langues à la Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation de l'Université de Genève, dans Forum:

Bernard Schneuwly, professeur de didactique des langues à la Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation de l'Université de Genève.
RTS
Forum - Publié mardi à 18:02

Baisse depuis 2012

Principal enseignement de cette enquête: les résultats de la Suisse baissent depuis 2012, toutes disciplines confondues. L'écart avec la dernière enquête en 2018 varie de 16 (mathématiques) à 20 points (sciences).

L'OCDE précise toutefois que la Suisse est le pays qui a vu fortement augmenter la proportion d'élèves immigrés entre 2009 et 2018. Les résultats en lecture devraient de ce fait être corrigés d'au moins cinq points. En 2018, 34% des élèves en Suisse étaient issus de l'immigration.

En Suisse la différence de performance des garçons et des filles se situe dans les mêmes proportions que dans l'OCDE. Les premières dépassent de 31 points les seconds en lecture, tandis qu'en mathématiques, ce sont les garçons qui prennent l'avantage sur les filles (7 points).

Depuis 2000

En revanche, les écarts liés à la situation socio-économique des élèves se sont creusés. En lecture, la différence entre jeunes issus de milieux favorisés et défavorisés atteint 104 points (89 dans les pays de l'OCDE). En 2009, elle n'était que de 93 points (OCDE: 87).

Depuis 2000, l'OCDE évalue les connaissances et les compétences des jeunes de 15 ans dans le monde avec son Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA). Environ 600'000 élèves dans 79 pays ont participé au test en 2018. Plusieurs pays y ont participé pour la première fois comme l'Arabie saoudite, le Bélarus, la Bosnie-Herzégovine, ou l'Ukraine.

La question du numérique

L'étude PISA montre qu'il existe en Suisse une volonté politique claire d'intégrer le numérique dans l'éducation de base, mais son apport n'est pas clair et encore moins synonyme de réussite, selon l'étude. Un constat qui ne surprend pas Lionel Alvarez, responsable du Centre de Recherche sur l'Enseignement/Apprentissage par les Technologies numériques à la HEP Fribourg, interrogé dans la Matinale: "Plusieurs recherches montrent par exemple que plus il y a d'ordinateurs dans une classe, moins les compétences en lecture sont bonnes".

En intégrant le numérique, l'école se retrouve donc face à un vrai défi pédagogique: "Apprendre des dates par coeur, c'est désuet. Si la technologie ne sert qu'à remplacer le papier-crayon, cela n'apporte rien, voire, ça limite les apprentissages parce que l'on a une forme de délégation de l'effort intellectuel à la machine, alors que sur le papier, on doit faire l'analyse", estime Lionel Alvarez.

Pourtant, l'école ne peut pas rater la coche du numérique, selon le spécialiste: "On est obligé de préparer les élèves à un monde massivement numérisé. Mais le projet pédagogique doit être clair et c'est souvent ce qu'il manque".

>> Voir aussi l'interview sur la question du numérique à l'école de Lionel Alvarez dans la Matinale:

L’intégration de la technologie dans l’éducation ne signifie pas réussite scolaire (vidéo): interview de Lionel Alvarez
L'invité-e d'actualité - Publié mercredi à 07:38

ats/ebz

Publié mardi à 10:24 - Modifié mercredi à 09:53

La Chine en tête du classement

Les métropoles Pékin et Shanghai et deux provinces chinoises, puis Singapour, arrivent en tête de l'enquête Pisa 2018 de l'OCDE dévoilée mardi, qui évalue tous les trois ans les connaissances et compétences scolaires des élèves de 15 ans.

Plusieurs pays asiatiques figurent parmi les meilleurs élèves en lecture, sujet le plus développé dans cette édition, mais aussi en sciences et en mathématiques.

Les métropoles Pékin et Shanghai et deux provinces chinoises, puis Singapour, arrivent en tête de l'enquête Pisa 2018 de l'OCDE dévoilée mardi, qui évalue tous les trois ans les connaissances et compétences scolaires des élèves de 15 ans.

Plusieurs pays asiatiques figurent parmi les meilleurs élèves en lecture, sujet le plus développé dans cette édition, mais aussi en sciences et en mathématiques.

Augmentation du harcèlement

Le harcèlement dans les écoles suisses a augmenté depuis 2015, selon l'étude PISA. Le rapport avait déjà montré que les élèves suisses ont en moyenne un sentiment fort d'appartenance à l'école tout en étant fréquemment exposés au harcèlement.

Ainsi, En 2015, environ 11% des jeunes ont déclaré que des élèves se sont moqués d’eux au moins quelques fois par mois au cours des douze derniers mois. Ce pourcentage est de 13% en 2018. En 2015, 7% des élèves indiquaient que "des élèves ont fait circuler de mauvaises rumeurs sur moi" au moins quelques fois par mois. Ils sont 11% en 2018.

Plus grave, en 2018, les jeunes se sentent plus souvent menacés. Sept pour cent des élèves disent l'avoir été "quelques fois par mois" et "au moins une fois par semaine", contre 3% en 2015. En ce qui concerne les agressions physiques ("des élèves m'ont frappé ou bousculé"), on passe de 3% en 2015 à 7% en 2018.

>> Ecouter aussi l'interview d'Oliver Prosperi, coordinateur des enquêtes PISA pour la Suisse: