Modifié le 28 novembre 2019 à 20:33

Le rapport sur la 5G ne recommande pas de modifier les valeurs actuelles

Antennes 5G: Pas de consensus des spécialistes sur les risques pour notre santé. Le rapport déçoit.
Antennes 5G: Pas de consensus des spécialistes sur les risques pour notre santé. Le rapport déçoit. 19h30 / 2 min. / le 28 novembre 2019
Le groupe de travail mis sur pied pour faire le point sur la téléphonie mobile, la 5G notamment, a présenté jeudi ses résultats. N'arrivant pas à se mettre d'accord, les experts ne formulent aucune recommandation sur une modification des valeurs limites d'émission.

Fruit d'une année de travail, le rapport du groupe "Téléphonie mobile et rayonnement" englobe pour la première fois tous les faits relatifs à la législation, à la technologie de téléphonie mobile, aux chiffres et aux prévisions concernant les volumes de données, à l'exploitation des valeurs limites, aux effets sur la santé, aux procédures ainsi qu'à l'exécution.

Le groupe d'experts n'a pas réussi à se mettre d'accord sur les éventuelles adaptations des valeurs limites en vigueur, ni sur le développement des réseaux de téléphonie mobile. Il n'émet donc aucune recommandation en la matière.

Le texte précise: "Les antennes mobiles 5G, dont l’installation a commencé, doivent satisfaire aux valeurs limites préventives actuelles (valeurs limites de l’installation) fixées dans l’ordonnance sur le rayonnement non ionisant."

Le DETEC doit décider de la suite

En revanche, le groupe formule cinq options relatives aux formes que pourrait revêtir l'évolution de la 5G et des effets qui y sont liés. Il recommande notamment le renforcement de l'information de la population et l'intensification de la recherche concernant les effets potentiels de la téléphonie mobile sur la santé.

De leur côté, les opérateurs se félicitent des conclusions du rapport. Ce dernier "confirme que rien n'empêche le déploiement de la 5G d'un point de vue sanitaire", écrivent Salt, Sunrise et Swisscom dans une prise de position. Tous les trois figuraient dans l'unité instituée en 2018 par l'ancienne conseillère fédérale Doris Leuthard.

Le Département de la communication (DETEC) doit décider de la suite de la procédure. Face aux incertitudes sur cette cinquième génération de communication sans fil, plusieurs cantons avaient décrété un moratoire dans l'attente des conclusions du Conseil fédéral.

>> Lire aussi: En Valais, les nouvelles antennes 5G n'auront pas à subir de gel

Les ondes millimétriques en question

Interrogé jeudi dans Forum, le conseiller d'Etat genevois Antonio Hodgers admet une certaine déception. "Il y a une incapacité à établir des conclusions sur les risques et donc à appliquer le principe de précaution. Ce rapport conclut à pas grand-chose, [ce qui] conduit le gouvernement genevois à maintenir son moratoire dans l'attente d'une réponse moins technique et plus politique de la part du Conseil fédéral."

Son homologue vaudoise Jacqueline de Quattro le rejoint sur la nécessité d'expliciter les risques potentiels liés aux ondes millimétriques, dont la fréquence est comprise entre 30 et 300 GHz. "D'ici leur activation en Suisse, il nous faudra toutes les informations nécessaires, car on ne connaît pas leurs répercussions sur la santé", souligne-t-elle.

>> Leurs interviews dans Forum:

Rapport sur la 5G: interviews d'Antonio Hodgers et de Jacqueline de Quattro
Forum - Publié le 28 novembre 2019

>> Ecouter le grand débat de Forum sur la 5G:

Le grand débat - Rapport sur la 5G: et maintenant?
Forum - Publié le 28 novembre 2019

ats/ani

Publié le 28 novembre 2019 à 15:30 - Modifié le 28 novembre 2019 à 20:33

Cinq initiatives populaires contre la 5G

Alors que les experts présentent leurs conclusions, les adversaires de la 5G se font déjà entendre, avec cinq initiatives populaires lancées par autant de comités distincts. Parmi elles, "pour une responsabilité en matière de téléphonie mobile" demande que les acteurs à l'origine de dommages aux personnes soient tenus pour responsables.

La deuxième initiative veut une téléphonie mobile respectueuse de la santé et économe en énergie. Parmi les exigences, pas de relèvement des valeurs limites, et des installations d'antenne conditionnées à l'accord des riverains.

Un troisième texte vient de la Suisse romande. Deux autres initiatives sont annoncées pour l'année prochaine, notamment celle de Frequencia qui s'engage en faveur des personnes électrosensibles.

>> Voir le sujet du 12h45: