Modifié le 24 novembre 2019 à 10:57

Des défilés dans toute l'Europe pour faire cesser les violences sexistes

Les Lausannois ont manifesté dans la rue à l'occasion de la journée internationale contre les violences sexistes
Les Lausannois ont manifesté dans la rue à l'occasion de la journée internationale contre les violences sexistes 19h30 / 2 min. / le 23 novembre 2019
Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi dans toute l'Europe, dont plus de 2000 à Lausanne, à l'occasion de la journée internationale d'élimination des violences faites aux femmes. Elles dénoncent notamment le nombre élevé de féminicides.

Plus de 2000 personnes ont manifesté samedi après-midi à Lausanne contre les violences sexistes. D'autres actions ont été menées en Suisse romande et se poursuivront jusqu'à lundi, date de la Journée internationale de l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

Le cortège lausannois est parti vers 15h15 de la place de la Riponne, où deux bons milliers de personnes s'étaient amassées, selon une estimation de la police. Le collectif vaudois pour la Grève des femmes, qui organisait la marche, a pris place en tête du défilé avec la banderole "Ensemble contre les violences, brisons les silences".

Un décès toutes les deux semaines

Durant la manifestation à travers la capitale vaudoise, des militantes se sont relayées au mégaphone pour haranguer la foule et égrainer des statistiques en lien avec les violences faites aux femmes. Elles ont ainsi rappelé qu'en Suisse, une femme sur cinq est victime de violences sexuelles au cours de sa vie et que l'an dernier, une trentaine de féminicides ont eu lieu. Toutes les deux semaines, une personne meurt de violence conjugale.

Dans la foule, de nombreux participants, des femmes comme des hommes, arboraient des badges et autocollants violets apparus le 14 juin dernier lors de la grève nationale des femmes. Plusieurs membres de la communauté kurde se sont également joints à la manifestation avec des drapeaux verts en hommage au YPJ, une organisation militaire kurde composée de femmes.

>> Ecouter l'interview de l'organisatrice du rassemblement lausannois Maria Pedrosa, interrogée dans Forum samedi soir:

Plusieurs milliers de personnes se sont réunis à l'occasion de la journée internationale d'élimination des violences faites aux femmes.
Laurent Gillieron - Keystone
Forum - Publié le 23 novembre 2019

Partout en Suisse romande

Des revendications du collectif pour la Grève des femmes ont aussi été déclamées avant et pendant le défilé. Le mouvement a notamment exigé une modification du Code pénal pour que tout acte sexuel non consenti puisse être pénalisé, mais aussi pour que la notion de féminicide soit introduite dans la législation.

>> Lire à ce sujet: Campagne pour le consentement mutuel avant tout acte sexuel

Ailleurs en Suisse, une manifestation a eu lieu à Bienne à 14h, et une autre à Neuchâtel à 17h. La coordination romande indique plusieurs autres événements, notamment des rubans blancs distribués dans le canton du Jura ce samedi, des veillées à Sion, Martigny et Monthey dimanche et de nouvelles manifestations lundi, qui traverseront Genève à partir de 17h et Fribourg à partir de 19h.

ats/vic

Publié le 23 novembre 2019 à 17:03 - Modifié le 24 novembre 2019 à 10:57

"Il manque un travail de repérage en amont"

Invitée dans l'émission Six heures - Neuf heures de la RTS samedi, la sociologue et professeure en études genre à l'Université de Genève Marylène Lieber a insisté sur l'importance de mieux prendre en considération les violences qui surviennent au sein du couple, ou plus largement entre partenaires qui se connaissent.

"Il existe toujours un mythe du viol, dont l'auteur est un inconnu qui agit dans l'espace public", constate la sociologue. Or, si la justice est efficace dans ce cadre, tel n'est pas toujours le cas dans les situations de viol de loin les plus nombreuses, soit celles qui impliquent des personnes que la victime connaissait. "Quand il y a un climat de violence dans un couple, dans la majorité des cas, les juges vont reconnaître les coups et blessures, mais pas les violences sexuelles".

Le doute l'emporte souvent

"Dans le cas de conjoints, ex-conjoints ou de flirts d'un soir, le doute l'emporte souvent", poursuit Marylène Lieber, car le fait qu'il y ait pu avoir consentement à un autre moment va convaincre les juges que l'auteur des violences pourrait n'avoir pas compris le non consentement.

Malgré les 15 femmes tuées chaque année par leur partenaire en Suisse, elle n'est pas convaincue qu'un changement de loi puisse faire office de solution miracle. "On a déjà beaucoup de peine à appliquer les normes pénales actuelles. Ce qui est important, c'est davantage de travail de repérage en amont. La plupart du temps, les victimes sont allées voir la police avant les faits, ont voulu porter plainte, et ça a souvent été classé sans suite".

Ecouter son interview en intégralité:



Propos recueillis par Yann Amedro
Adaptation web: Vincent Cherpillod

Près de 50'000 manifestantes à Paris

Des milliers de personnes ont défilé samedi dans une trentaine de villes de France pour dire stop aux violences sexistes et sexuelles envers les femmes et aux féminicides. A Paris, la marche a rassemblé 49'000 personnes, selon un comptage réalisé pour le compte d'un collectif de médias.

Initées par le collectif féministe #NousToutes, ces manifestations entendent peser sur le gouvernement, à deux jours de la fin d'une large consultation sur les violences conjugales lancée début septembre. Le Premier ministre français Edouard Philippe, accompagné d'une douzaine de membres du gouvernement, doit annoncer des mesures très attendues par les associations.

Les images de la manifesation parisienne:



Ecouter le sujet de Forum samedi soir:


afp/vic