Modifié le 21 novembre 2019 à 07:36

Les droits de l'enfant sont toujours bafoués, aussi en Suisse

Droits de l'enfant: Philip Jaffé rappelle les inégalités et les menaces qui frappent les enfants
Droits de l'enfant: Philip Jaffé rappelle les inégalités et les menaces qui frappent les enfants 12h45 / 2 min. / le 20 novembre 2019
La Convention internationale des droits de l’enfant a été adoptée il y a 30 ans jour pour jour. Malgré ce texte historique, la situation des plus jeunes est toujours alarmante: "Il reste beaucoup de travail, même en Suisse", regrette le spécialiste Philip Jaffé sur la RTS.

"A travers le monde, il y a des poches de pauvreté: des pays qui ont implosé, qui sont en guerre. Dans les pays riches, la plupart des enfants bénéficient par contre de conditions matérielles, éducatives et médicales exceptionnelles", explique Philip Jaffé mercredi dans le 12h45.

Mais selon le professeur, qui siège au comité de l'ONU pour les droits de l'enfant, il ne faut pas s'y méprendre pour autant. "En Suisse aussi vous avez des inégalités. 80'000 enfants vivent dans des conditions de pauvreté", indique-t-il, sans citer de source. Selon des chiffres de l'Office fédéral de la statistique (OFS), 103'000 enfants étaient touchés par la pauvreté en Suisse en 2017.

"Absolument terrible"

Une étude publiée lundi par les Nations unies montre pour sa part que 7 millions d'enfants sont actuellement privés de liberté dans le monde, dans différentes sortes d'institutions.

"Ce chiffre est absolument terrible. Avant que cette étude ne soit réalisée, les estimations tournaient autour d'un million d'enfants. Le comité des droits de l'enfant et la communauté internationale prônent la non-détention des enfants car ce n'est pas là qu'ils vont se développer harmonieusement", alarme Philip Jaffé.

>> Ecouter aussi le sujet de La Matinale:

Sept millions d'enfants sont privés de liberté dans le monde.
Fernando Llano - Keystone
Le Journal horaire - Publié le 19 novembre 2019

Enfants-soldats doublement victimes

Les enfants sont également emprisonnés dans le cadre des conflits. Ils sont souvent en prison car ils n’ont plus personne pour s’occuper d’eux. Rien qu'en Irak et en Syrie, quelque 30'000 enfants du groupe "Etat islamique" sont internés. Ils risquent des violences et des viols.

Mais de nombreux enfants risquent d'être doublement victimes, dénonce mercredi le CICR sur son blog. Ils sont d'abord enrôlés comme soldats par des groupes terroristes, puis deviennent une cible dans la lutte contre le terrorisme. La Croix Rouge rappelle qu'ils restent des enfants et que les Etats se doivent de les traiter avec un soin particulier.

"En même temps, les pays dont sont originaires des combattants étrangers et leurs enfants sont réfractaires à rapatrier leurs ressortissants, notamment en Europe occidentale", rappelle le papier du CICR.

>> Lire aussi: La situation de la Genevoise partie en Syrie discutée par le Conseil fédéral 

Des nouvelles menaces

En 1989, 196 pays ont signé la Convention approuvée par l'Assemblée générale de l'ONU, le traité de droits humains le plus ratifié de l'histoire. Dès lors, les enfants ont des droits, comme grandir en bonne santé et en sécurité, et développer leur potentiel.

Beaucoup de progrès restent toutefois à réaliser en matière de protection des droits de l'enfant, notamment sur les questions du travail, de mariages précoces ou encore de l'excision. Et Philip Jaffé identifie une nouvelle problématique.

"Des nouvelles menaces viennent du monde digital. Il y a depuis quelques années des problématiques de cyberharcèlement ou de sexting, et des enfants vont jusqu'à avoir des conduites suicidaires à cause de l'ostracisation qu'ils ressentent", signale le psychologue.

>> Tristan Dessert dresse le bilan des droits de l'enfant depuis 30 ans:

Tristan Dessert dresse le bilan des droits de l'enfant depuis 30 ans
19h30 - Publié le 20 novembre 2019

>> Voir le sujet du 19h30:

Droits de l'enfant: célébration des 30 ans de la Convention de l'ONU.
19h30 - Publié le 20 novembre 2019

gma/mh avec l'ats

Publié le 20 novembre 2019 à 16:46 - Modifié le 21 novembre 2019 à 07:36

Plus de 800 enfants à Berne

Près de 850 enfants et adolescents ont célébré mercredi sur la Place fédérale à Berne les trente ans de la convention de l'ONU. Le conseiller fédéral Alain Berset est monté sur scène pour répondre aux questions de jeunes élèves alémaniques et romands.

"La Suisse s’est engagée à mettre en oeuvre cette convention, mais aussi à accepter d’en parler avec d’autres pays. Nous avons, à intervalles réguliers, une commission de l’ONU qui vient observer la situation et qui peut nous faire des recommandations", a-t-il indiqué par la suite au micro de la RTS.

"Il reste beaucoup de choses à faire car la société évolue. Je crois que l’un des éléments importants, ce sont les droits de participation des enfants. Leur parole est très importante, ce qui n’a pas toujours été le cas", estime le Fribourgeois.

Questionné sur le droit des enfants des djihadistes suisses à l’étranger et de leur rapatriement, le conseiller fédéral a simplement estimé que c’était une question qu’il fallait se poser. "Ce sont des situations qui peuvent être absolument dramatiques et là, évidemment, la question des droits fondamentaux des enfants se pose."

Greta Thunberg lauréate du prix de la paix des enfants

La jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg a été récompensée mercredi par le prix international de la paix des enfants 2019 pour son action en faveur du climat. Divina Maloum, une militante camerounaise pour la paix âgée de 15 ans, a également été distinguée.

Le prix, doté de 100'000 euros, est décerné par la fondation néerlandaise KidsRights, qui distingue chaque année depuis 2005 un mineur pour son engagement pour les droits des enfants.