Modifié le 15 novembre 2019 à 22:39

Le laxisme suisse dans la lutte contre le tabagisme pointé par des experts

Pour l'instant, les cigarettes électroniques entrent dans le champ d'application du droit alimentaire.
Le laxisme suisse dans la lutte contre le tabagisme pointé par des experts Le Journal horaire / 24 sec. / le 15 novembre 2019
Dans un rapport publié jeudi, la Commission fédérale pour la prévention du tabagisme déplore le laxisme et le retard de la Suisse dans la lutte. Elle dénonce aussi l'ingérence de l'industrie du tabac.

"Depuis plusieurs décennies, l'industrie du tabac relativise les effets néfastes de son activité et empêche toute politique de santé publique", écrit la commission. Les experts déplorent "une variété de pratiques visant à influencer la politique sanitaire suisse", en particulier en ce qui concerne les nouvelles cigarettes électroniques.

Nécessité d'une approche plus restrictive

Elles sont très peu réglementées pour l'instant: leur vente aux mineurs est possible, tout comme leur consommation dans des espaces publics fermés. Certains cantons, comme celui de Berne, veulent interdire la vente aux moins de 18 ans. "Il faut une approche beaucoup plus restrictive", affirme la présidente de la Commission fédérale pour la prévention du tabagisme Lucrezia Meier-Schatz.

Pour l'instant, les cigarettes électroniques (y compris la cartouche et le liquide) entrent dans le champ d'application du droit alimentaire et sont donc considérées comme des "objets usuels" en Suisse.

Un projet de loi est toutefois en discussion au Parlement afin d'assimiler les cigarettes électroniques aux "produits du tabac": elles seraient alors soumises aux mêmes restrictions que les cigarettes classiques (restrictions de la publicité, interdiction de la vente aux mineurs). "Il nous faut exactement les mêmes réglementations" que pour les cigarettes classiques, estime Lucrezia Meier-Schatz.

Attitude "ambiguë du Parlement

La Suisse, où siège l'Organisation mondiale de la santé (OMS), est l'un des rares pays à ne pas avoir encore ratifié la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac (FCTC), signée pourtant par le gouvernement en 2004.

A ce sujet, la commission observe que "l'attitude ambiguë du Parlement suisse réside dans le fait que les trois principales multinationales du tabac ont leur siège mondial ou régional en Suisse".

Pour le groupe d'experts, ces entreprises "minent les objectifs de politique sanitaire" du gouvernement "et exercent une pression qui influence les acteurs politiques". "Elles agissent habilement, de manière cachée et avec grand professionnalisme", affirment-ils.

>> Lire aussi: Premier décès attribué à la cigarette électronique en Belgique

afp/oang

Publié le 15 novembre 2019 à 21:38 - Modifié le 15 novembre 2019 à 22:39

Les applis de vapotage supprimées de l'App Store

Apple a supprimé de son App Store toutes les applications liées au vapotage, en raison des dangers que la pratique pourrait présenter pour la santé.

"Récemment, des experts qui vont des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC aux Etats-Unis) à l'Association cardiaque américaine ont lié le vapotage et les cigarettes électroniques à une série de maladies pulmonaires et à des décès, parlant même de crise sanitaire et d'épidémie chez la jeunesse", explique Apple.

Au total, Apple a retiré 181 applications dans le monde entier mais les personnes qui les avaient téléchargées avant l'interdiction pourront continuer à les utiliser.