Modifié le 14 novembre 2019 à 12:47

Le travail après 65 ans tente 40% des actifs, mais pas leur employeur

Moins d'une personne sur quatre est encore active après 65 ans
Deux actifs sur cinq seraient d'accord de travailler après 65 ans, mais trop peu d'entreprises le leur proposent. Le Journal horaire / 20 sec. / le 14 novembre 2019
Selon une étude du cabinet de conseil Deloitte, environ 40% des actifs âgés de 50 à 70 ans souhaiteraient travailler au-delà de l'âge actuel de départ à la retraite. Plus de deux tiers des entreprises, cependant, ne leur en donnent pas la possibilité.

Le cabinet de conseil Deloitte a mené son enquête auprès de 1000 personnes âgées entre 50 et 70 ans. D'après ses résultats, 40% des personnes interrogées souhaitaient continuer à travailler. Elles ne sont toutefois que 5% à vouloir le faire à plein temps, contre 35% à temps partiel.

La situation actuelle montre cependant une réalité bien différente: l'année dernière, 23% des personnes âgées entre 65 et 69 ans étaient actives, soit à peine plus de la moitié de celles qui déclarent être d'accord de continuer à travailler. Les entreprises en seraient les principales fautives, car seules 30% des personnes interrogées ont eu la possibilité de poursuivre leur travail au-delà de l'âge légal de départ en retraite. Pour 37% des sondés, cette possibilité n'a jamais été évoquée par l'entreprise. 29%, enfin, ont déclaré que leur employeur ne pouvait pas ou ne voulait pas les garder.

Lever les préjugés liés à l'âge

Pour Deloitte, le coût, le déséquilibre des compétences et les préjugés sont les principales raisons qui font que les entreprises n'emploient pas leurs travailleurs au-delà de l'âge de la retraite. "Elles doivent créer des opportunités pour dissuader les employés de prendre une retraite anticipée ou pour qu'ils continuent à travailler au-delà de l'âge de retraite", estime l'associé de Deloitte Suisse Adam Stanford, pour qui il est impératif de lever les préjugés sur les employés âgés.

>> Lire à ce sujet: Une initiative veut lutter contre la discrimination des travailleurs seniors

Plusieurs experts ont récemment averti des problèmes de manque de main d'oeuvre auxquels la Suisse risque de devoir faire face ces prochaines années. Avec le départ à la retraite de la génération des baby-boomers, elle risque de se retrouver face à un problème démographique.

Quelque 1,1 million de personnes, ou environ 800'000 actifs, partiront à la retraite dans dix ans. Par le passé, le nombre d'arrivées sur le marché du travail dépassait celui des départs à la retraite. Ce rapport s'est équilibré à partir de 2016 et devrait s'inverser à partir de 2021, s'inquiète Deloitte.

Réserve de main d'oeuvre importante

"Les personnes déjà intégrées au marché du travail et qui souhaitent travailler au-delà de l'âge de la retraite représentent une réserve de main d'oeuvre importante, qui pourrait facilement être mobilisée", ont souligné les auteurs de cette étude, qui y voient une solution au manque de bras attendu. Ils estiment que cela représenterait 578'000 salariés supplémentaires.

Le chef économiste de Deloitte Suisse Michael Grampp est d'avis que ce potentiel, pleinement exploité, pourrait sensiblement corriger le déséquilibre croissant entre les personnes intégrant et quittant le marché du travail, réduisant ainsi la pression sur le système de sécurité sociale.

ats/Vincent Cherpillod

Publié le 14 novembre 2019 à 12:31 - Modifié le 14 novembre 2019 à 12:47