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Deux comités s'opposent à l'extension à l'orientation sexuelle de la norme pénale anti-raciste

Un drapeau et des affiches lors d'une assemblée de délégués de l'UDF. [Peter Klaunzer - Keystone]
Discrimination contre l’orientation sexuelle: deux comités s’opposent à l’extension de la loi anti-raciste / Le 12h30 / 2 min. / le 11 novembre 2019
La campagne contre l'extension de la norme pénale anti-raciste a été lancée lundi à Berne par deux comités s'opposant à l'inscription de la discrimination en raison de l'orientation sexuelle dans cette norme.

Pour le premier comité, il s'agit surtout de liberté d'expression. Le comité interpartis, surtout composé de membres de l'UDF et de l'UDC, essentiellement alémaniques, se nomme "Non à cette loi de censure" et s’oppose à la loi pour une protection contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle

Ils disent craindre "une muselière à la parole, un bâillon à la réflexion et une criminalisation d'opinions légitimes". Mais que craignent-ils de ne plus pouvoir dire?

Des mêmes droits pour tous

Marc Früh, président de l'UDF du Jura bernois, seul Romand membre du comité, donne l'exemple d'un médecin qui devrait pouvoir "expliquer les côtés positifs, mais aussi les côtés négatifs de l'homosexualité" sans craindre de plainte, ou encore d'un pasteur "qui du haut de la chaire devrait pouvoir parler de sa manière à lui de voir l'homosexualité" sans risquer d'être arrêté comme c'est arrivé à un pasteur en Angleterre, "arrêté séance tenante".

"Un enseignant ou un éducateur doit pouvoir parler dans une classe clairement du positif, mais aussi du négatif", note le président de l'UDF du Jura bernois, qui pointe du doigt les questions liées à la procréation. "On doit pouvoir parler de ces choses d'une manière libre."

Autre exemple avancé par le comité, un hôtelier doit pouvoir continuer à refuser d'accepter quelqu'un parce qu'il est homosexuel: "Si la personne vient clairement en démontrant, en provoquant qu'il est homosexuel et qu'il veut dormir dans cet hôtel et que le propriétaire décide autrement, c'est la liberté du propriétaire, c'est sa liberté d'accueillir telle ou telle personne." Et de répéter "Je pense qu'il faut laisser la liberté."

>> Les précisions du 19h30:

Norme anti-homophobie: la campagne pour la votation fédérale est lancée. La liberté d'expression en jeu selon les détracteurs. [RTS]
Norme anti-homophobie: la campagne pour la votation fédérale est lancée. La liberté d'expression en jeu selon les détracteurs. / 19h30 / 2 min. / le 11 novembre 2019

Marie Giovanola/ebz

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Un autre comité des milieux LGBTI

Un deuxième comité était également présent ce matin, formé de personnes LGBTI. Ce comité se bat pour obtenir les mêmes droits pour tous, mais ne souhaite pas obtenir de protection particulière pour les minorités sexuelles dans la loi, raison pour laquelle il s'opposera à cette extension de la norme pénale anti-raciste.