Modifié le 25 octobre 2019 à 12:01

Les lobbies doivent chercher de nouveaux relais sous la Coupole

Des lobbistes dans la Salle des pas perdus du Palais fédéral à Berne
De nombreux lobbyistes n'ont pas été réélus dimanche dernier La Matinale / 1 min. / le 25 octobre 2019
De nombreux lobbyistes n'ont pas été réélus lors des élections fédérales de dimanche et parmi les perdants se trouvent les PME et les syndicats. Mais les lobbies cherchent déjà de nouveaux relais et nul doute que ceux-ci seront rapidement trouvés.

C'est bien connu, les plus grands lobbyistes sont les parlementaires eux-mêmes. Mais pour continuer à user de son influence, il faut éviter de se faire éjecter de son fauteuil à Berne.

Et ils sont plusieurs à avoir subi ce sort dimanche. Selon le site lobbywatch, qui a établi un décompte précis, les PME, les syndicats et les caisses-maladie ont perdu de leur influence au Palais fédéral avec la défaite de l'UDC, du PS et du PLR.

PME et syndicats au rang des perdants

Du côté des PME, l'Union suisse des arts et métiers voit partir son directeur Hans-Ulrich Bigler (PLR/ZH), son président Jean-François Rime (UDC/FR) et deux administrateurs, Hansjörg Brunner (PLR/TG) et Peter Schilliger (PLR/LU).

Les syndicats ont aussi perdu des plumes, avec la non-réélection de Corrado Pardini (PS/BE), membre de la direction d'Unia, Adrian Wüthrich (PS/BE), président de Travail.Suisse, et Philipp Hadorn (PS/SO), secrétaire syndical du SEV. Une perte compensée en partie par l'élection de Pierre-Yves Maillard (PS/VD), président de l'USS.

L'association faîtière de la branche de l'assurance-maladie, Santésuisse, devra également chercher de nouveaux contacts au Palais fédéral. Son président Heinz Brand (UDC/GR) n'a pas été réélu. Idem pour le groupement suisse pour les régions de montagne (SAB), dont le directeur Thomas Egger (PDC/VS) n'a pas été réélu non plus. Le lobby du nucléaire perd aussi un soutien de poids en la personne du président du Forum nucléaire suisse Hans-Ulrich Bigler.

Tractations sous la Coupole

Avec ces non-réélections, ce sont autant de lobbyistes, externes cette fois, qui perdent un accès au Palais fédéral, les parlementaires pouvant confier deux badges d'entrée à qui ils le souhaitent.

Depuis dimanche, les tractations vont bon train pour offrir des places dans des conseils d'administration ou demander des passes aux nouveaux élus, qui se retrouvent très courtisés, selon lobbywatch.ch. La perte d'influence de ces lobbies n'est donc que provisoire.

Thomas Angeli, co-président de lobbywatch interrogé vendredi dans La Matinale, se dit persuadé que le nouveau Parlement comptera toujours autant de lobbyistes. "A moins, dit-il, que les jeunes parlementaires soient un peu plus critiques, un peu plus loin des lobbys, c'est un espoir."

Les 246 membres qui siégeaient jusqu'ici au Parlement comptaient plus de 2000 liens d'intérêts avec quelque 1700 entreprises et organisations, selon l'étude de février dernier de l'ONG Transparency International Suisse.

Thibaut Schaller/boi avec ats

Publié le 25 octobre 2019 à 10:22 - Modifié le 25 octobre 2019 à 12:01