Modifié le 21 octobre 2019 à 21:19

Percée historique des femmes au Conseil national

Jamais encore autant de femmes ne siégeront à Berne. Au Conseil national, leur proportion atteint 42%.
Jamais encore autant de femmes ne siégeront à Berne. Au Conseil national, leur proportion atteint 42%. 19h30 / 2 min. / le 21 octobre 2019
Il n'y a jamais eu autant de femmes au Conseil national. Avec 84 élues, elles occupent désormais 42% des sièges de la Chambre du peuple, soit 20 sièges de plus qu'en 2015.

Marquées par la vague verte, les élections fédérales du 20 octobre sont historiques pour les femmes. Celles-ci ont obtenu 84 des 200 sièges du Conseil national, soit plus de quatre sièges sur dix. Ces chiffres pourraient encore évoluer si certains conseillers nationaux sont élus au Conseil des Etats.

Pour l'instant, les femmes obtiennent 20 sièges de plus qu'en 2015, un bond inédit depuis l'arrivée des premières élues sous la Coupole en 1971. Elles se rapprochent ainsi de la parité à la Chambre du peuple, avec 42% des sièges.

Des Verts à l'UDC

Presque tous les partis ont connu une forte progression. Celle-ci est marquée chez les Verts et les Vert'libéraux, les deux grands gagnants de l'élection, qui comptent désormais davantage d'élues que d'élus, avec respectivement 60,7% et 52,9% de femmes.

A droite, elles ont également fait un bond au PLR (+13 points) et à l'UDC (+7,6 points). Avec seulement un quart d'élues, ce dernier reste le parti où les femmes sont les moins représentées au Conseil national.

Au final, seul le PDC, qui compte deux élues de moins qu'en 2015, affiche une baisse et n'atteint plus que 28%.

Le Valais, Neuchâtel et le Jura à la traîne

Dans les cantons en revanche, certains restent à la traîne. Neuchâtel et le Jura ne comptent toujours aucune femme parmi leurs représentants au Conseil national et le Valais a perdu sa seule élue.

Genève, Berne et Fribourg affichent au contraire des délégations plus féminines qu'en 2015 et atteignent voire dépassent la parité.

Cette évolution, probablement poussée par la grève des femmes du 14 juin, est aussi à mettre en perspective avec la proportion de candidates, également en forte progression. Reste à savoir si le Conseil des Etats suivra la même tendance.

Micheline Calmy-Rey comblée

Interrogée dans le 19h30 de la RTS lundi, Micheline Calmy-Rey a fait part de sa grande satisfaction: "On sentait déjà depuis la grève du 14 juin que c'était un moment extraordinaire. On était jugées comme des frustrées, et là, tout d’un coup, ces dizaines de milliers de femmes dans la rue! Et ça c’est traduit dans les résultats électoraux, c’est génial!", s'est réjouie l'ancienne conseillère fédérale.

"C’était la volonté de mettre fin à ces discriminations salariales, à une politique familiale qui est trop prudente. Les femmes ont un regard différent sur la politique, elles sont aussi beaucoup plus pour la protection de l’environnement, elles donnent la vie, donc elles font attention", soutient celle qui est devenue la deuxième femme à devenir présidente de la Confédération après Ruth Dreifuss.

«Je n’étais pas dans les pionnières, il y a eu des femmes avant nous. On se sentait critiquées, mal vues, frustrées, pour ne pas dire autre chose. Et là, tout d’un coup, ça a changé (...). Ça a donné des femmes sur les listes, et ça a donné des femmes élues: 42%, ça va changer la politique", estime Micheline Calmy-Rey.

>> Regarder son interview:

Micheline Calmy-Rey "J'ai dit ouf, enfin ! Déjà le 14 juin on sentait qu'on avait le soutien des jeunes et des femmes."
19h30 - Publié le 21 octobre 2019

>> Lire: Etape par étape, la domination masculine sur la politique suisse

>> Le suivi complet de cette journée: Les Verts gagnent 17 sièges au National, selon la 3e projection SSR. Ils devancent le PDC et talonnent le PLR

Valentin Tombez

Publié le 21 octobre 2019 à 01:04 - Modifié le 21 octobre 2019 à 21:19

Amélioration au classement mondial

Avec 42% de femmes, la Suisse devrait passer de la 38e à la 15e place du classement des Parlements féminins et atteindre le niveau de la Belgique ou du Sénégal. Ce classement ne prend en considération que la chambre basse, car beaucoup pays n'ont pas de chambre haute.

Premier de tous, le Rwanda, avec plus de 60% de femmes! Dans le top 10, on trouve deux pays africains, quatre d’Amérique latine et des caraïbes et quatre pays européens. Après le génocide le Rwanda a adopté une série de lois instaurant la parité, c'est le cas aussi dans certains pays d'Amérique latine, même s'il y a des discrimination envers les femmes à d’autres niveaux…

Parmi les mauvais élèves au niveau européen, la Grèce ou la Slovaquie, à peine 20% de femmes au Parlement, la Hongrie (12,5%). Les Etats-Unis font également pâle figure, avec 23 de femmes à la chambre des représentants.