Publié jeudi à 15:43

Le PS plaide pour un assouplissement du frein à l'endettement

Cédric Tille, professeur d’économie, The Graduate Institute, Genève.
Est-ce que la Suisse est suffisamment endettée? Interview de Cédric Tille Le 12h30 / 5 min. / jeudi à 12:33
Le Parti socialiste souhaite que la Suisse revoie sa politique financière. Dans une étude présentée jeudi à Berne, il plaide pour un assouplissement du frein à l'endettement et la création d'un fonds souverain.

Le frein à l'endettement pèse sur les finances fédérales dans le contexte actuel des taux d'intérêt bas, voire négatifs, constate le Parti socialiste. Pour lui, la réduction de la dette n'est plus la meilleure stratégie.

Le frein à l'endettement a été adopté dans les années 90, quand l'état des finances publiques suisses était préoccupant. La Confédération ayant remboursé un cinquième de sa dette, celle-ci est actuellement modérée, s'élevant à 14,5% du PIB, selon l'étude. Et les projections annoncent une baisse continue dans les années à venir.

Le coût du financement de la dette se trouvant actuellement à des niveaux exceptionnellement bas, l'étude du professeur d'économie genevois Cédric Tille, commandée par le PS, recommande une vision plus souple du mécanisme de frein à l'endettement.

"Berne peut se permettre un déficit"

Les taux d'intérêt sont plus bas que les taux de croissance. Le gouvernement peut donc se permettre un déficit jusqu'à 2,6 milliards de francs avant paiement des intérêts de la dette, tout en gardant sa dette stable par rapport au PIB, selon l'économiste.

Le faible niveau des taux d'intérêt permet aussi le financement raisonnable d'investissements publics, dans les infrastructures, l'éducation ou la recherche. Les rendements sont difficilement quantifiables, mais les besoins sont là, selon le parti à la rose: préparer la population à la numérisation et améliorer l'efficience énergétique.

ats/nr

Publié jeudi à 15:43

Pour un fonds souverain

Le Parti socialiste évoque également la question de l'établissement d'un fonds souverain, au vu du faible niveau des taux d'intérêt sur les emprunts de la Confédération. Financé par des obligations fédérales, ce fonds investirait dans des placements plus rémunérateurs.

Selon Cédric Tille, un bénéfice annuel entre 700 millions et deux milliards de francs est envisageable. Cela représenterait 10% du PIB. L'étude préconise que ce fonds soit distinct de la Banque Nationale Suisse (BNS), les mandats étant différents. Le choix de la gouvernance serait encore à discuter, fait savoir le PS.