Modifié le 25 septembre 2019 à 09:30

La presse suisse salue la faible hausse des primes maladie pour 2020

La presse salue, en nuançant, la hausse très modérée des primes maladie pour 2020. (Image d'illustration)
La presse salue, en nuançant, la hausse très modérée des primes maladie pour 2020. (Image d'illustration) [Martin Rütschi - Keystone ]
Pour la presse suisse, le fait que la prime moyenne de l'assurance maladie augmente de 0,2% en 2020 est une bonne nouvelle. Les journaux rappellent néanmoins que le chemin est encore long vers un système de santé convaincant.

La bonne nouvelle du jour, c’est que l’explosion des coûts de la santé n’est pas une fatalité", écrit Le Temps au lendemain de l'annonce du ministre de la Santé Alain Berset.

>> Lire aussi: Les primes maladie augmenteront de 0,2% en moyenne l'année prochaine

"Champagne!", ose 24 heures, le canton de Vaud est le seul romand à voir ses primes baisser. "Enfin", note le Blick. A Fribourg, qui enregistre une hausse de 1,3%, La Liberté, moins enthousiaste, en profite pour pointer les ratés de ce nouveau sursis.

Court terme

La mini hausse moyenne "prouve avant tout que la politique fonctionne", affirme de son côté la NZZ. Mesures de réduction des coûts dans le système de santé, adaptation des tarifs des médecins et baisse des prix des médicaments ont porté leurs fruits. "Les politiciens et les acteurs du secteur de la santé ont apparemment trouvé - au moins à court terme - une recette contre le choc des primes après des années d'essais et ont ainsi gagné en crédibilité", détaille la Südostschweiz.

"A court terme", parce qu'"en raison des progrès constants de la médecine et des techniques médicales, ainsi qu’avec l’allongement de l’espérance de vie, les coûts de la santé vont forcément continuer d’augmenter", rappelle le Journal du Jura. Et la génération des babyboomers vieillit, glisse la NZZ. De quoi rendre, en somme, "illusoire toute baisse des coûts", résume Le Temps. Il serait même "fallacieux de conclure à une détente de la solution", selon le Tages-Anzeiger.

>> Lire aussi: Quelles solutions pour faire baisser les coûts de la santé?

Il faut agir

D'autant que "la hausse des primes communiquées les années d’élections fédérales a tendance à être plus légère que les autres", relève, amer, Le Quotidien Jurassien, qui n'y voit pas de coïncidence. "Ne serait-ce pas plutôt l’expression d’une double volonté des assureurs: ne pas nuire à leurs dociles relais politiques sous la Coupole et éviter de donner du grain à moudre aux parlementaires fédéraux critiques avec le système?".

Non moins lucide, la Tribune de Genève souligne que "sur le fond, l’état du malade n’est pas stabilisé. Avec 12,2% de sa production de richesse annuelle consacrée à la santé, la Suisse est le pays qui dépense le plus au monde après les États-Unis. (...) Nos dépenses massives sont l’indice d’un système peu efficient".

Alors pas le temps de tergiverser, il faut agir, prévient la presse unanime. "La réforme du système reste une nécessité impérieuse", estime Le Temps. Il faut maintenir la pression car de nombreuses décisions importantes doivent encore être prises pour maîtriser les coûts à moyen terme, lancent en substance les publications de CH-Media. Même son de cloche du côté du Corriere del Ticino, pour qui "aucune révolution ou mesure spectaculaire n'est nécessaire, mais une action continue et concertée à tous les niveaux".

>> Le sujet du 19h30 consacré à l'annonce des primes maladie:

Les primes d'assurance maladie n'augmentent que faiblement cette année, et reculent même dans certains cantons.
19h30 - Publié le 24 septembre 2019

ats/pym

Publié le 25 septembre 2019 à 07:54 - Modifié le 25 septembre 2019 à 09:30