Modifié le 23 septembre 2019 à 21:35

Margret Kiener Nellen, une conseillère nationale surveillée de très près

Les services de renseignements suisses auraient surveillé une Conseillère nationale. La révélation rappelle le scandale des fiches
Les services de renseignements suisses auraient surveillé une Conseillère nationale. La révélation rappelle le scandale des fiches 19h30 / 2 min. / le 23 septembre 2019
La conseillère nationale socialiste Margret Kiener Nellen a découvert avec stupeur que le Service de renseignement de la Confédération s'est intéressé à elle à de nombreuses reprises. La Bernoise n'exclut pas de porter plainte.

Le nom de Margret Kienner Nellen apparaît plus de 70 fois dans la banque de données du Service de renseignements, le SRC. La conseillère nationale confie à la Sonntagszeitung qu'elle ne s'y attendait vraiment pas lorsqu'elle a cherché à savoir quelles données le SRC possède à son sujet.

Sa rencontre avec des activistes kurdes ou celle avec des femmes du Pakistan lors d'un programme d'échanges ont été répertoriées. Et certaines parties du dossier que le SRC lui a transmises ont été caviardées.

Questions

Pourquoi la conseillère nationale apparaît-elle dans la banque de données du SRC? A-t-elle été la cible de recherches ou est-elle apparue à la faveur d'autres investigations dans les dossiers du SRC? Si les réponses ne sont pas claires, les questions offusquent en tous les cas la socialiste bernoise.

Pour sa part, le spécialiste du renseignement Jacques Baud, interrogé lundi par la RTS, est "surpris qu'on soit surpris". Il rappelle que la loi sur le renseignement votée en 2015 autorise le SRC à collecter des informations sur des individus surveillés.

De son côté, le SRC ne répond pas aux questions de Margret Kiener Nellen, confidentialité oblige. Il se contente d'affirmer qu'il ne viole pas la loi.

"Un manque de vision" de la Confédération

Interrogé au 19h30, l'ancien conseiller national socialiste Andreas Gross s'étonne de ces faits. "Je pensais qu’ils avaient compris la leçon il y a 30 ans, mais en réalité le flou persiste. Le problème, c’est que la loi est très floue et justifie la surveillance quand quelqu’un a l’impression que le fonctionnement de l’Etat est dérangé. Cela n’a pas de sens! Quelle est réellement la source d’une menace pour la Suisse ? On ne sait pas contre quoi nous devrions nous protéger. C’est véritablement un manque de vision."

>> Son interview dans le 19h30:

Andreas Gross: "Je pensais que les services de renseignements avaient appris la leçon."
19h30 - Publié le 23 septembre 2019

Deborah Sohlbank/pym

Publié le 23 septembre 2019 à 08:21 - Modifié le 23 septembre 2019 à 21:35