Modifié le 23 septembre 2019 à 09:32

"Sans réforme, les primes vont continuer d'augmenter chaque année"

Verena Nold: "Si on ne fait rien les primes vont continuer d'augmenter de 3 ou 4% chaque année"
Verena Nold: "Si on ne fait rien les primes vont continuer d'augmenter de 3 ou 4% chaque année" 19h30 / 5 min. / le 22 septembre 2019
On connaîtra cette semaine le montant des primes maladie 2020. Verena Nold, directrice de Santésuisse, la faîtière des assurances maladies, était sur le plateau du 19h30 pour évoquer l'augmentation chronique des coûts de la santé.

Le constat est sans appel; en l'an 2000, une prime moyenne pour un adulte s'élevait à 188 francs contre 372 aujourd'hui. Les coûts de la santé sont quant à eux passés de 44 milliards en l'an 2000 à 82 milliards en 2017.

Un léger tassement est constaté en 2018 et la hausse des primes qui sera annoncée la semaine prochaine devrait être modérée. Pour Verena Nold, à la tête de Santésuisse depuis 2013, il ne faut pourtant pas y voir de signe de stabilité: "On pense que les coûts vont augmenter d'environ 3% cette année et encore une fois 3% l'année prochaine, détaille-t-elle. Sans réforme, on continuera à payer 3 à 4% d'augmentation de prime."

Augmenter la franchise

Pour pallier cette situation, Santésuisse propose la baisse du prix des médicaments, bien plus cher en Suisse que dans les pays voisins. Les génériques, par exemple, coûtent deux fois plus qu'à l'étranger. "Cette mesure permettrait d'économiser 400 millions de francs", estime Verena Nold.

Autre proposition de la faîtière, faire augmenter la franchise minimale de 300 à 500 francs. "On veut éviter de devoir payer des traitements inutiles ou la surmédicalisation. Cela permettrait de stabiliser les coûts de la santé et donc éviter de tomber dans une médecine à deux vitesses".

Si elle demande aux assurés de se responsabiliser, Verena Nold estime que les assureurs font aussi leur part pour limiter les dépenses de santé: "Nous contrôlons chaque année 100 millions de factures, ce qui permet d'économiser 3 milliards de francs en évitant de payer des factures qui ne sont pas correctes".

Salaire élevé des patrons d'assurance

Elle assure en outre que le salaire élevé des patrons des assurances maladie (plus de 750'000 francs par an pour les plus grandes caisses) n'a pas d'incidence sur le montant des primes: "Ces grandes caisses offrent aussi des assurances privées, les salaires sont payés avec les primes de ces assurances complémentaires et seulement une partie provient des assurances sociales."

Les nouvelles mesures pour réduire les coûts de la santé seront discutées à Berne en début d'année prochaine.

Céline Brichet

Publié le 23 septembre 2019 à 06:16 - Modifié le 23 septembre 2019 à 09:32