Modifié le 11 septembre 2019 à 20:34

Le Conseil national soutient un congé paternité de deux semaines

Congé paternité: les députés ont tranché pour deux semaines pour les papas au détriment d'une proposition de congé parental
Congé paternité: les députés ont tranché pour deux semaines pour les papas au détriment d'une proposition de congé parental 19h30 / 1 min. / le 11 septembre 2019
Les jeunes pères devraient obtenir deux semaines de congé à la naissance de leur enfant. Le Conseil national a soutenu mercredi ce projet par 129 voix contre 62 après 6h30 de débat.

Comme le Conseil des Etats, le National a choisi le compromis, soit le contre-projet plus modeste que l'initiative populaire pour un congé de 20 jours. Un texte que la Chambre du peuple a rejeté par 120 voix contre 67.

Il a fallu 20 ans et plus de trente tentatives au Parlement pour arriver à ce résultat. Il y a trois ans, la Chambre du peuple rejetait encore l'idée d'un congé de deux semaines.

La réglementation actuelle n'est plus suffisante, a expliqué mercredi Philipp Kutter (PDC/ZH) au nom de la commission. Un jeune père obtient un jour de congé à la naissance de son enfant, soit autant que lorsqu'il déménage. Un congé paternité répond aux exigences de la nouvelle génération, a avancé Hans-Peter Portmann (PLR/ZH). Il a le soutien de 85% de la population.

La Suisse est le seul pays d’Europe qui ne connaît ni congé paternité ni congé parental et la loi ne prévoit qu'un jour de congé pour les jeunes pères. Mais plusieurs entreprises se montraient déjà beaucoup plus généreuses.

>> Lire: Le congé paternité connaît des différences notables selon l'employeur

L'UDC seule contre tous

Mercredi, seule l'UDC s'est vraiment opposée au projet. A l'image de la Thurgovienne Verena Herzog, qui trouve peu crédibles "ces parents qui veulent un congé paternité et sont ensuite les premiers à faire garder leurs enfants à la crèche."  L'UDC privilégie la responsabilité et les initiatives individuelles des familles et des entreprises. "On peut parfaitement régler cela sans l'aide de l'Etat", a rappelé Yves Nidegger (UDC/GE).

Le conseiller fédéral Alain Berset soutient aussi la recherche de solutions privées. Il préfère également développer l'offre d'accueil extrafamilial et parascolaire afin de mieux concilier vie professionnelle et familiale.

Le peuple pourrait avoir le dernier mot

Si les initiants maintiennent leur texte pour un congé paternité de 4 semaines, c'est le peuple qui aura le dernier mot. L'initiative "Pour un congé de paternité raisonnable - en faveur de toute la famille" demande un congé paternité de 20 jours pouvant être pris de manière flexible dans l'année qui suit la naissance de l'enfant. Dans le contre-projet indirect adopté par le Conseil des Etats, les deux semaines seraient à prendre dans les six mois suivant la naissance, soit en bloc, soit sous forme de journées isolées.

Les deux modèles seraient financés via les allocations pour perte de gains (APG). Le montant maximum sera de 196 francs par jour. La charge financière s'élève à 230 millions de francs par an pour un congé de dix jours, contre 460 millions pour quatre semaines, a précisé le conseiller fédéral Alain Berset.

>> Une petite avancée? Le débat entre les conseillers nationaux Isabelle Moret (PLR) et Mathias Reynard (PS).

Debat entre Mathias Reynard (PS) et Isabelle Moret (PLR).
Alessandro della Valle/Christian Beutler - Keystone
Forum - Publié le 11 septembre 2019

cab avec ats

Publié le 11 septembre 2019 à 18:21 - Modifié le 11 septembre 2019 à 20:34

Congé parental écarté

"C'est un petit pas arraché dans la douleur", a soutenu Mathias Reynard (PS/VS). Le Valaisan a plaidé en vain pour un congé parental de 38 semaines. "C'est la seule véritable proposition d'avenir". C'était "une proposition ambitieuse, mais modérée en comparaison internationale". La moyenne de l'OCDE est de plus de 54 semaines entre les deux parents.

L'introduction d'un congé parental, qu'il soit de 28, 38 ou 52 semaines, n'a séduit que la gauche. Toutes ces propositions ont été balayées par 131 voix contre 60. Le PS, les Verts et les Vert'libéraux avaient argué qu'un tel congé permettait d'éliminer les discriminations à l'embauche et apportait des gains.

"En n'étant pas présent pour mon bébé, j'ai l'impression de manquer tant de choses"

Comment les jeunes pères vivent-ils aujourd'hui en Suisse les premiers mois de leur enfant alors qu'ils travaillent? Deux semaines de congé sont-elles suffisantes pour ne pas manquer les premiers instants de leur bébé? Témoignage dans le 19h30.